DE LA SECONDE PARTIE
N»!. (Voyez p. 6.)
DD PÈBB MARUNA ET DE LA DOCTRINE DO TYRANMCIDE.
(Extrait de la Doctrine du tyranmicide et du Rédacteur véri-
dique (l).
Dans la foule des docteurs qui ont professé le tyrannictde, on compte quatorze Jésuites : Emmanuel Sa, Delrio, Valentia, Mariana, Heissius, Salas, Suarez, Lessias, Tolet, Tanner, Gastro-Pal ao, Bécan, Escobar, Gretzer. Tous parlèrent conformément à la doctrine de Técole, un seul excepté, Mariana.
Ce Jésuite, Tun des plus savants hommes de son siècle et encore aujourd'hui le premier historien de l'Espagne, est aufear d'un traité Intitulé De rege et régis institulione, traité qu'il composa à la sollicitation de plusieurs personnes de la cour d'Espagne, et qui fut imprimé à Tolède en 1598, avec la permission du roi et l'approbation de rinquisilion (S}. Dans cet
(1) P. 62-64f p* A4 et 45. Veyez les Documents historiques, cri" tiques, apologétiques, concernant la Compagnie de Jésus, t. 1 et 2 (Paris, 1827).
(2) Après sa mort, arrivée en 1624, les ennemis des Jésuites publièrent un livre intitulé : del Govierno de la Compania de Jésus, quMls prétendirent avoir trouvé dans les papiers de Mariana, et dont Tobjet était de critiquer le gouvernement de la Société. Il fut bientôt traduit en français, en latin et en italien, et répandu dans toute TËurope. Les Jésuites s'inscrivirent en faux contre cet ouvrage, et demandèrent qu'on en produisît l'original espagnol, ce que personne ne
écrit, devenu si malheareasement fameux, Mariana» sans aller à beaucoup près aussi loin que Fauteur protestant des Vindieiœ contra tyrannos, sans faire des application» aussi atroces des principes de la doctrine du tyrannicide que les écrivains de runiversilé et les Parlements, avance ctpendant cette opinion : qu'en certains cas (l), il est permis à un particulier de tuer un tyran d^adminislration, « Par là, dit a Bayle, il a exposé les Jésuites, surtout en France, à de san- « glants reproches et à des injures très mortifiantes, que Ton « renouvelle tous les Jours, qui ne finiront Jamais, que les « écrivains copieront passionnément les uns les autres. »
Cependant le livre de Mariana paraissait à peine, que les Jésuites de France en portèrent plainte à leur général Âqaaviva, c'est â dire dès 1599, onxe ans avant que le parlenenl en prit connaissance, «c Notre père général, dit Riciieome « dans VExamen de V Anti-Coton, étant averti par moi, lorsque « J'étais â Bordeaux, Tan Ift99» et par nos pères de France, c( commanda qu'il fût corrigé, et n'en eût-on vu aucun exem- « plaire sans correction, si les hérétiques* quipemaieni fUére (c leur profit de ce livre^ ne l'euasent aussitôt réimprimé, » L'ordre donné par Aquayiva pour cette corTeetiiNi est tap*
put faire. Cependant, dq>uîs deux cents ans, la faction anti-^'ésuitique n*a cessé de faire tropiiée de cet écrit, eft plusieurs auteurs aes Ckfmptes^renduê, et enUre autre» M. de La Ghalotais, n^euient pas honte d'en faire usage.
(1) C'est à dire qu'après avoir établi, comme les autres easuîslis et jurisconsultes, qu'il faut d'abord admonester un tel prince ; ensuite, s'il est sourd aux ayis, prononcer sa déposition ; enfin porter contre lui la sentence de mort, s'il persiste dans sa tyrannie, Mariana ajoute que a si la république, par le fait même de cette tyrannie, se trouve « dans l'impossibilité de s'assembler, la voix publique et l'autorité de « persotittages graves et savants suffit pour donner te droit à tout « particulier de tuer le tyran, o exigeant toutefois ces deux conditions comme absolument nécessaires, et ne donnant d'ailleurs cette dédsion que coimne son avis particulier; car, ajoute-t-il, la question de « droit qu't^ est permis de tuer un tyran » ne souffi« aucune difficulté; mais la question de fait peut être controversée, savoir quel est te prince qu'on doit regarder comme un tyran, Ita facU quaestio in controversia est, quis merito tyrannus ^a6(^afUr ;Juris in apçrto, foi fore tyrannum perimere.
porté loot aa long dans la rëfatalion de rAnU-Goton par le père Eudëmoii Jean.
En i6lO, l'assassinat de Henri lY rappela Paltention sur rabos qu'il était possible de faire de la doctrine du tyranni- * clde, quoiqu'il fût bien avéré que ce n'était pas dans les Infoliotes casulstes et des canonist«s que l'assassin de ce grand roi était allé efaeroher des encouragements à son détestable attentat (l). Alors la Sorbonne roDouyela son ancien décret contre Jean Petit, et 1^ Parlement commença à prendre connaissance du livre de Mariana ; ce fat aussi â cette occasion que les Jésuites, ne voulant pas laisser à leurs ennemis le moindre prétexte de les calomnier, demandèrent à leur général Aquaviva le décret suivant, qui fut ainsi traduit par le père Coton :
« Claude Aquaviva, général de la Compagnie de Jésus.
lyanlant qiM ce n'est pas assez aux tbéologiens de notre Compagnie, quand Ils écrivent ou enseignent de bouche, de voir exactement ce qui a été écrit par les autres docteurs, alas delvent enea^e bien considérer si les opinions de tels docteurs sont appuyées sur fondeipents solide^; si elles sont Bùres^ approuvées et non subjectes â scandales ou autres inconvénients ; à celte occasion, plusieurs Justes raisons, à ce nous mouvant, nous enjoignons, par ce présent décret, en vertn de la sainte ojHUssaaoe, soubs peine d'excommunication et inhabilité à tous offices* et de suspension a divinis et antres peines arbitraires i nous réservées, qu'aucun religieux de noire Compcignte, soit en public ou partIcoUer, lisant ou donnant avis, et beaucoup plus mettant quelques œuvres en lumière, n'entreprenne de soutenir qu'il soit loisible â qui QUE CE SOIT, et sous quclconquo prétexte de tyrannie, de tuer les rois on les princes ou d'attenter sur leurs personnes, afln qne telle doctrine n'ouvre le chemin â la ruine des princes et trouble la paix, ou révoque en doute la sûreté de ceux, les-
(4) Les ennemis de la Société répandirent alors le bruit que les Jésuites n'étaient pas étrangers au crime de Rayaillac Ce bruit, qu'on n'a pas eu honte de renouveler depuis, tomba bientôt par l'excès de son absurditét
qaels, selon l'ordonnance de Dfeu, nous devons honorer et respecter comme personnes sacrées et estabUes de notre Dieu, pour heureusement régir et gouverner son peuple. Parlant, nous vouions que les provinciaux qui auront en la cognoissance d^aucunes des susdites choses et n*auront corrigé les oeimquants, ou n'auront pourvu à tels inconvénients* et procuré l'exacte observation de ce décret, non seulement encourent les susdites peines, ains même soient privés de leurs charges et offices. A ce que chacun sache quel est le Jugement de la (Compagnie en tel cas, et que la faute. d*uD particulier ne redoude pas à tous les antres et les rende suspects ; Jaçoit que, devant tout homme de bon Jugement, U est notoire que la faute d'un membre ne doit être attribuée à tout le corps. En outre, nous voulons que tous les Provinciaux nous rendent compte de la réception du présent décret, ef qu'ils le fassent savoir et annoncer par toutes leurs provinces, puis insérer es archives de chaque maison et collège, aûn que la mémoire et observation en demenre inviolable à perpétuité.
Claude Aquaviva.
général de la Compagnie de Jésas.
Fait à Home» le 6 Juillet i6io. »J
No 2. {Voyez p. M.)
Eéponse de la Congrégation de la Propagande à une question du père de Morales^ telle qu'elle existe dans le BuUa" rium pontificium, et dans V Apologie des Dominicains.
QUJESITA
Mlssionariorum Slnarum à R. P. J. B. de Morales ordinis FF. Praedicalorum, eorumdem procuratore ;
ProposUa Romae, anno 1645, sacras Congregationl de propagande Hde, cum responsis ad ea, decreto ejusdem sacrœ Cougregationis approbalis.
Becimo septimo. Si tenemur praedicatores Evangelll praedicare in iilo regno Christum cruclûxum, et osteadere ejus
Afème réponse, telle qu'elle a été déOgurée par les £xtraits des Assertions^ p. 359^ où M. Quinet Ta prise. (iy« Leçon, p.217etâl8J
IDOLATHIB HALABARB. *
Réponses de la Congrégation de la Propagande sur les cérémonies chinoises el malabares.
Responsom ullimum Congregaiionis.
Propositom est si (enentur Missionarii praedicare Cliristum GruciQiam,el ostendere ejus imaginem, quia Gcndles scandallzantur ex tali prœdicalione.