‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 11 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

transcris plus de choses que je n’en puis croire Pison essaya le premier, sans trop de succès , de ramener à des causes naturelles ces fables de l’histoire romaine ; voilà tout ce qu’il osa faire; elles étaient défendues par l’antiquité et la sainteté de la tradition. Denys cherche aussi la réalité sous leurs formes mythiques. Tite-Live est plus sage : il ne les explique pas ; il leur conserve leur caractère religieux et sacré.

À ces principales classes de faits dont se composait la table annuelle des pontifes, on pourrait joindre quelques faits de détail qu’ils ne manquaient pas d’y comprendre, les lois importantes, surtout les règlements religieux a ; la dédicace des temples et dqs autres monuments, tels que le pont Sublicius, qu’ils avaient fondé et qu’ils réparèrent plusieurs fois 1 2 3 ; l’établissement des colonies 4 , la mort des personnages célèbres 5 , les statues décernées comme récompenses publiques 6 ; d’au-

1 E quille m pliera transscribo, quant credo. Quinte-Curce,

IX, i,34.

2 Tite-Live, 1 , 3a.

3 Varron , de Ling. lut., V , 83 , Otfr. Müller.

4 Tite-Live, Velléius ,passim.

5 Tite-Live , VII, i , etc.

c Pline, XXXIV, u.

ï8 DES ANNALES DES PONTIFES.

très faits encore des premiers siècles, transmis avec leur date. On peut conclure, par exemple, d’un passage de Tite-Live, que les Annales constataient ce qu’on appellerait aujourd’hui des précédents pour le rang, le cérémonial, les droits des charges et dignités *. L’an 544 de Rome , C. Yalérius Flaccus, élu flamine de Jupiter, prétend que les anciennes Annales accordent à son titre, avec la robe prétexte, avec la chaise curule, l’entrée au sénat. Le préteur répond que ce témoignage suranné ne constitue point un droit. La question fut jugée par les tribuns du peuple; les Annales l’emportèrent. Tite-Live , dans ce récit, désigne vaguement d’anciennes Annales a ; mais il est difficile de croire qu’il ne s’agisse pas ici de celles des pontifes : on n’aurait pas réclamé une telle confiance, un tel crédit, pour des Annales qui n’eussent pas été revêtues d’une autorité publique.

Après la nature des faits conservés par les grandes Annales, il serait intéressant de connaître la langue dont se servirent les premiers pontifes historiens. Il est probable qu’elle avait d’abord beaucoup d’analogie avec les plus anciennes in-

1 Tite-Live, XXVII, 8.

1 Exoletis veluslale Annalium exemplis.

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