‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 12 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

scriptions trouvées sur le sol italique, et nous pouvons nous la représenter sous la forme de ces fragments qui nous restent de l’osque, du sabin, du volsque , de l’ombrien, surtout de l’étrusque, qui fut longtemps la langue de la religion. Mais vouloir faire l’histoire conjecturale de l’idiome employé par les pontifes, ce serait s’engager dans l’histoire même de la langue latine. Il faut remarquer seulement que les prêtres n’en suivaient que lentement les vicissitudes; car, chez tous les peuples , on retrouve ces formes austères, mystérieuses et presque toujours surannées de la langue sacerdotale, qui, en se servant des expressions d’un autre âge, veut remonter jusqu’à l’brigine du monde, et comme jusqu’aux dieux mêmes. A Rome, ce système d’élocution antique dominait dans toute phrase consacrée par les pontifes : les termes les plus hors d’usage, les restes du langage le plus inculte, devaient y être multipliés avec cette prédilection que les familles pontificales , et celle des Claudius plus que les autres , ne cessèrent de montrer pour tout ce qui était vieux et barbare. Horace n’entendait pas les vers des prêtres Saliens '.Au temps de Quiutilien, les

1 Epist., II, i , 86.

Saliens eux-mêmes ne les comprenaient plus *. Les pontifes, clans leurs récits, étaient sans doute moins obscurs que dans leurs prières et leurs formules, qui restèrent les mêmes au milieu de tant de révolutions grammaticales; mais il devait être toujours assez difficile de lire leurs plus anciennes tables chronologiques sans avoir étudié longtemps la langue des premiers âges de Rome, cette langue qui déjà du temps de Polybe a demandait pour être comprise beaucoup de savoir et d’attention.

Le même historien nous apprendra, dans un texte jusqu’ici mal interprété, qu’il y avait fort peu de détails dans ces Annales publiques tracées sur les murailles 1 * 3 . C’était une suite d’inscriptions concises, comme celles de la Chronique grecque de Paros. Un bon juge nous l’atteste aussi: «Plusieurs historiens, dit Cicéron 4 , imitant la simplicité des Annales pontificales, se sont bornés à transmettre la mémoire des dates, des

1 Jnstit., I, 6 , 4 °-

4 De Oral., II, 1a: Hanc similiiudincm scribendi multi sccuti sunl , qui sine ullis ornamcntis monumenta solum tcmporiun , hominum , locoruin , gcsttirumquc rerum relique ritnt.

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