PREMIÈRE PARTIE
certains, mais les citations indirectes qui paraissent nous en rester.
Si quelques mots en ont été conservés littéralement jusqu’à nous, il faut les chercher de préférence dans les grammairiens, toujours pleins d’une vénération savante pour l’antiquité. Varron , qui , dans un fragment peu remarqué par les critiques, semble indiquer des extraits des Annales, eclogas ex Annali descrîptas 1 ; Varron transcrit d’après les Annales les noms des divinités dont les autels furent consacrés daus Rome par le roi des Satins, Tatius : O pi , Flonr, Vetlio, Jovi Sntur noque , Soli, Lurur , Folca.no et Su/n/nano itemque Larundœ , Termina , Quirino , Vortumno , Laribus , Diame Lucinœque a . Ailleurs, il s’en rapporte aux Annales sur l’origine romaine des Sicules, ut Annales veteres nos tri dicunt 1 * 3 * 5 . Il me semble qu’il faut se régler ici sur les habitudes des écrivains : un grammairien exact , comme Varron, qui nomme partout les poètes, les historiens, à côté du titre de leurs ouvrages, n’a pu
1 Jp. Charis., p. 97, Putsch.
1 De Lirtg. 7/1, Otfr. Muller. Dcnys d’Halicarnassc,
II, So, dit qu’il ne peut nommer en grec plusieurs de ces
dieux.
5 De Liug. 101.
dire simplement Annales , que lorsqu’il n’avait pas un nom d’auteur à citer.
Je dirais volontiers la même chose de Servius : on peut croire que lui qui nomme toujours les annalistes dont il transcrit quelque phrase, il veut parler des grandes Annales lorsqu’il s’exprime ainsi : Et quidam lentandus noee verburn fictum putant ; sed in Annalibus legitur : Confricati,
OLEO LENTATI, PARATIQUE AD ARMA *. Ce Sens de
lentare manque dans le lexique de Forcellini, même après tant de révisions. Le dernier éditeur des Annales d’Ennius a attribue, d’après Gasp. Barth, ce passage au vieux poète , et le comprend dans le huitième livre de ses Annales , en essayant de le ramener, par conjecture, au rhytlime de l’hexamètre. Burmann l’avait cru de Cassius Hémina. Mais pourquoi Servius, contre son usage, ne les aurait-il pas nommés ?
Le grand historien de Rome, Tite-Live, ne donne aucun fait, aucun mot, comme extrait textuellement des Annales des pontifes. Mais il est à croire que la plupart des fables religieuses de son premier livre viennent, directement ou non, de ces légendes pontificales: Hercule et
* Ad. Æn., III , 38/,.
J BI. Spaugenberg , à Leipzig, i8»5, p. 116.