PREMIÈRE PARTIE
« Il était né chez les Sablns, dit Tlté-Live *, une vache d’une grandeur et d’une beauté mer* veilleuses, dont les cornes furent longtemps conservées dans le vestibule du temple de Diane sut le mont Aventin. Les devins consultés prédirent que le peuple dont un citoyen immolerait celte victime à Diane, obtiendrait l’empife ; et le grand prêtre du temple de Diane avait eu connaissance de cet oracle. Le Sabin, propriétaire de la vache, vint à Rome, le jour qu’il crut favorable au sacrifice, et présenta la victime à l’autel de la déesse. Le prêtre romain [que Plutarque appelle Cornélius], reconnaissant la victime à sa grandeur extraordinaire, et se souvenant de l’oracle, dit au Sabin: Que veux-tu faire, étranger? Offrir un sacrifice à Diane sans t’être purifié ? Que ne te laves-tu d’abord dans une eau vive? Au pied de cette montagne coule le Tibre. — • Le Sabin, ému de ce scrupule, et jaloux de ne rien oublier pour que l’événement répondit au prodige , descend du temple vers le fleuve. Aussitôt le Romain immole la victime à Diane. »
Le songe de Titus Atinius a , et beaucoup d’autres faits où interviennent les dieux, font assez
2 Tilc-Livc , II , 36.
voir quel pouvait être, sinon le style, du moins le caractère général de l’histoire écrite par leurs prêtres. L’origine de ces divers récits ine semble remonter jusqu’aux grandes Annales.
Il est vrai qu’on ne peut rien avancer sur ce point avec certitude, et que la plupart des auteurs anciens qui, par des citations moins vagues, auraient le plus contribué à nous faire connaître cette espèce d’histoire sacrée, ne nous indiquent guère mieux que Tite-Live les récits qui viennent réellement des pontifes. Pline l’ancien, par exemple, allègue quinze ou vingt fois les Annales, les anciennes Annales : il semble que l’on retrouve celles des pontifes dans le passage où il dit , ex antiquissimis Annalibus 1 , que lorsque le greffier Flavius fut préféré pour édile curule à deux patriciens fils de consulaires, et qu’on joignit à ce titre celui de tribun du peuple, les sénateurs indignés déposèrent leurs anneaux en signe de deuil, ainsi que les ornements de leurs chevaux, sed et phaleua posita *.• Les Annales pontificales de l’an 449 de R° nie > déjà transcrites
1 Pline, XXXIII. 6 . Voyez aussi Tite-Live , IX, 46;Valère-Maxime, II, 5 , 2 ; Aulu-Gellc, VI , 9 , etc.
1 Voy. sur le sens de phalera , Visconti , Museo Pio-Clejncntino , t. III, pl. 22 ; t. V, pl. 3o, éd. de Milan.