‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 29 sur 109 · XL · texte numérisé non relu

XL

3 Varron, de Ling. lat., V, i 5 o; Solin, I, 27; Servius, Probus, Philargyrius, passim.

4 Cic., ad Att., XII, 23 ; Brut., c. 3 ; de Fin., II, ai ; Corn. Népos, Altic., c. 18.

s Aulu-Gelle , IV, 5 .

* Eclogas ex Annali descriptas. Varron dans Carisius , p. 97. Arnobe paraît avoir lu (V, 18) ces extraits des Annales par Verrius Flaccus.

SECONDE PARTIE

maître de la cavalerie et triumvir, y a été trouvé presque effacé, conformément au sénatus-consulte de 7^3, qui ordonnait de renverser toutes les statues et de détruire tous les titres de cet ennemi d’Oclave, et qui défendait aux membres de cette famille de prendre désormais le prénom de Marcus Tel fut l’empressement d’obéir à ce décret, dont la lâcheté s’est trop souvent renouvelée dans l’histoire, que les ouvriers ont mutilé même le nom de l’orateur Marc-Antoine, l’un des deux censeurs de l’an 656, que cette nouvelle proscription n’aurait pas dû atteindre. On a essayé plus tard de rétablir ces divers noms, probablement sous l’empereur Claude , qui s’honorait de descendre du triumvir par sa mère a . Voilà des faits qui fixent assez bien la date de ces tables de marbre, où nous possédons encore une partie de la chronologie des Annales 3 .

Quelque autre recueil, mais plus complet, de ce qui en était resté, peut-être celui qu’on publia en quatre-vingts livres, semble convenir assez au siècle où Vespasien, rassemblant les débris de

* Plutarque, Cic., c. 49; Dion, LI, 19.

1 Suétone, Ctaud., c. il.

3 Voy. Nuovi frammenti dei Fasti consoldri capitolini , par Borglicsi, Milan, 1818 et 1820; parFea, Rome, 1820.

l4* DES ANNALES DES PONTIFES.

l’incendié du Capitole et cherchant dans tout l’empire de quoi réparer ce désastre, fit mettre en ordre ce qu’on retrouva des anciennes tables fédérales, législatives, triomphales; époque de discussions , d’études nouvelles, où marche d’un pas plus ferme la critique historique. Ce fut lorsque les Annales devinrent un corps régulier d’histoire sur lequel cette critique put librement s’exercer, qu’elles furent divisées en livres. Ainsi les chants d’Homère avaient eu leurs diascevastes ; ainsi le poème historique de Névius avait été partagé en sept livres par le grammairien Lampadio, et les Annales d’Ennius, en dix-huit livres par le grammairien Varguntéius *.

Les Annales pontificales furent donc aussi divisées, non par années, comme il était naturel , mais par livres. Au temps de Servi us, on en reconnaissait quatre-vingts. Parce qu’un faussaire est venu ensuite qui, prenant les livres pontificaux attribués à César pour des Annales, en a cité sous ce nom le premier et le second livre, et parce qu’on a cru que c’étaient là les Annales des pontifes, est-ce une raison pour prétendre que celles dont Aulu-Gelle a cité le onzième livre ne peuvent

1 Suétone, de Ulustr. gramm., c. a.

SECONDE PARTIE

être les vraies Annales? La Chronique de Paros est-elle moins authentique parce qu’on la lit, non plus seulement sur le marbre, mais dans les pages d’un volume, et quelle y est arbitrairement partagée ?

Admettons un instant comme vraies les citations de cet ouvrage si peu digne de foi sur l’Origine de Rome : faudra-t-il croire aussi que les Annales qu’on y trouve citées 11e sauraient être réellement celles des pontifes , surtout parce qu’au livre quatrième il n’y est encore question que de la fondation d’Albe; au sixième, de lamortd’Arémulus Silvius? Non; je trouverais plutôt dans cette prédilection pour les temps fabuleux une sorte de vraisemblance en faveur de cet écrit suspect à tant de titres, et j’oserais dire que telles durent être en effet, dans ce qui avait survécu de leurs premiers récits, les véritables Annales des pontifes, dont le souvenir, à travers le moyen âge , s’était conservé peut-être par la tradition vague des peuples d’Italie. On s’étonne de voir, dans le partage des livres, les temps historiques venir si tard, et les fables d’Énée, d’Évandre, d’Ascagne, de tous les rois d’Albe, occuper tant de place. Mais il en est ainsi partout : il est rare que nos anciennes chroniques ne commencent pas

l44 «ES annales des pontifes.

au commencement du monde. Les premiers annalistes de Rome qui écrivirent après les pontifes se plurent à ces illusions d’une antiquité merveilleuse et poétique. Valérius Antias n’arrivait à Numa que dans son second livre. Cn. Gellius, au troisième livre de ses Annales, en était encore à Romulus; il faisait attendre jusqu’au quinzième l’invasion des Gaulois, et ne songeait pas à raconter la seconde guerre punique avant le trentetroisième. Caton lui-même, qui était déjà un historien , dans le premier livre de ses Origines, avait rappelé en bon citoyen Latinus , Turnus, Amate, Ascagne, et toute cette mythologie nationale qui était comme la religion du patriotisme romain.

L’ordre même de la discussion me conduit ainsi à la dernière partie de ce mémoire : j’ai considéré d’abord l’origine et la composition des Annales des pontifes; ensuite, leur durée sous diverses formes; il reste à voir, pour terminer, quelle en était la valeur historique.

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