‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 30 sur 109 · DE LA VALEUH HISTORIQUE DES GRANDES ANNALES · texte numérisé non relu

DE LA VALEUH HISTORIQUE DES GRANDES ANNALES

L’examen d’une dernière objection , la plus spécieuse de toutes, va compléter cette discussion. A supposer même, a-t-on dit, que des fragments historiques de l’annuaire des pontifes eussent survécu à tant de vicissitudes, ces courtes indications chronologiques de magistrats , de guerres , de famines, d’éclipses, de prodiges, et, si l’on admet des récits plus étendus, toutes ces légendes superstitieuses ou mensongères des nobles familles pontificales donnaient-elles beaucoup de lumières, méritaient-elles beaucoup de foi? L’histoire romaine, enfin, écrite sur de tels matériaux, étaitce réellement une histoire?

On pourrait d’abord répondre que des tables chronologiques, courtes, mais simples et claires, où se perpétuaient année par année, comme nous l’avons vu, les noms des chefs de l’État et la suite des principaux événements militaires, civils, religieux , étaient cependant de quelque secours,ct

l (\6 DES ANNALES DES PONTIFES.

fournissaient, malgré leurs lacunes, des documents plus complets qu’il ne nous en est resté pour l’ancienne histoire de la plupart des nations. Il est vrai qu’elles n’offraient rien sans doute qui pût favoriser les illusions et les fantaisies de l’esprit de système; rien qui autorisât à faire de Rome, selon le caprice du moment, tantôt une ville étrusque, tantôt une ville latine; rien qui ressemblât à ces trois ou quatre grandes épopées qu’une imagination poétique dessine et colore d’après Tive-Live et d’après Homère; il est vrai surtout qu’on y aurait vainement cherché les prétendues villes de Lucerum , de Quirium, villes toutes germaniques, et qui n’ont été fondées que de notre temps *. Le mur blanchi du pontife n’avait point de place pour de telles découvertes qui auraient demandé de longues preuves; mais quelques extraits des Annales, comme les antiques narrations sur la statue d’Horatius Codés, sur celle de la Fortune des femmes, ont fait voir que ces chroniques sacrées n’étaient point aussi sèches, aussi stériles, ni, pour me servir de l’expression qu’on emploie, aussi monosyllabiques* que le pensent ceux qui ne veulent absolument pas

’ Niebuhr, Hùt. rom., 1 . 1 , p. 41 3 , tr. fr.

* Ibid., 1 . 1 , p. 4 1 4 j t. III, p. aaa, etc.

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