‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 31 sur 109 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

qu’on trouve quelque part l’histoire romaine, parce qu’ils aiment mieux l’inventer.

Mais enfin ces traditions, courtes ou développées, n’étaient- elles pas en général fabuleuses? Ici reparaît la question, tant de fois renouvelée, sur le degré de certitude des premiers temps de Rome. Bien qu’on l’ait de nos jours proclamée comme neuve, il y aurait quelque chose de plus étonnant et de plus incroyable que toutes les fables accréditées longtemps par l’autorité sainte des pontifes : ce serait qu’il eût fallu attendre jusqu’à notre siècle pour découvrir que les merveilles de Romulus et de Numa ne sont pas entièrement dignes de foi; qu’il n’est pas tout à fait sûr qu’un bouclier soit tombé du ciel; qu’il n’est pas impossible que le caillou de Tarquin ait résisté au rasoir de l’augure ; que peut-être les dieux ne sont point venus, comme au lac Régille, combattre parmi les hommes. On savait avant nous qü’il y avait, dans tout cela, quelque lieu de doüter. La critique historique, du moins dans Rome, est aussi ancienhe* non que les annalistes ou chroniqueurs, mais que les historiens. Dès le siècle de Caton l’ancien, les Annales finissent, l’histoire commence : Primo eni/n Annales fuerunt, pOst historiée factœ sutit, dit le grammairien Marius

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