TROISIÈME PARTIE
uns de ses récits. Le géographe Cluvier, un des premiers qui aient attribué aux Grecs l’histoire romaine, avance que les annalistes latins n’ont fait que copier Dioclès de Péparèthe et ses fables grecques sur Rome 1 * : il est combattu par Nardini %par Jules Minutoli 3 4 , et par Jac. Périzonius, comme superficiel et téméraire.
Celui-ci, dès i685, fonde véritablement ce système, que l’on a cru nouveau, de l’histoire faite avec des chants populaires : « Ces chants dont Caton l’ancien avait gardé la mémoire, ces hymnes en l’honneur des grands hommes, lorsqu’on n’avait pas d’autres monuments littéraires, ou qu’on n’en avait que d’insuflisants, comme les Annales des pontifes, sauvèrent quelques faits de l’oubli; mais ils durent, aussi bien que les éloges funèbres, altérer l’histoire. C’était aux gens sages, qui connaissaient l’esprit humain, à se prémunir contre des récits enfantés par l’amour du merveilleux ou par la vanité. » Ainsi parlait Périzonius 4, et Bayle à peu près comme lui 5 .
1 Cluv., llnlia antiques, III, 2, p. 826 et suiv.
1 Nard., Roma antica , I, 1.
3 Dissertât. 1" , dans les Antiq. rom. de Sallengre, t.I,p. 9.
4 Anirnadvers. hislorir.ee , c. 5 et 6, Amsterdam, lC 85 .
5 Dict. crit., au mot Tanaquil , rem S.
DES ANNALES l>ES PONTIFES.
Vers la fin du même siècle, tandis que Boehart nie l’arrivée d’Énée en Italie, à cause des vers où Homère dit que les descendants d’Enée régneront sur lesïroyens *,ct parce qu’il croit reconnaître fort peu de mots phrygiens dans la langue latine*; tandis que Ryckius essaie de lui répondre 3 , Jacques Gronovius, non moins hardi que ce chanoine de Lille, Jacques Hugo, qui avait prétendu découvrir dans la Judée et dans la bible la vraie histoire romaine 4, s’amuse à faire de Romulus un phénicien 5 ; Floriano de Zamora, un espagnol; Emmanuel de Faria y Sousa,un portugais 6 . La dixième dissertation d’Henri Dodwell, sur les anciens cycles romains 7 , malgré l’embarras de
Iliad., XX, 307; hymne homérique à Vénus, v. 197.
* Boehart, Lettre a Segrais en i663, traduite en latin par Jean Scheffer, Boehart. Opéra omnia , p. io63, Leyde, 171a. Ces deux objections se retrouvent dans quelques pages anonymes sur l’origine de Rome, Observât, selectœ , Halle, 1701, t. III, p. 65. La première a été développée en 1743 par Vatry, Mém. de l'Acad. des Inscript., t. XVI, p. 4 1 2.
3 De prirnis ltaliœ colonis, à la suite d’Étienne de Byzance, Leyde, 1684.
4 Fera historia romana, seu Origo Latii, etc., Rome, i655.
s Gronov., de Origine Romuli, Leyde, 1684. ]
6 Jul. Minutoli, I. c., p. 16.
7 H. Dodwell, de Antiquis Romanorurn cyclis, p. 555, 5gi, 675 , etc. , Oxford ,1701.