TROISIÈME PARTIE
trouver des chiffres pour toute cette chronologie, se renferme dans un doute plus circonspect et plus grave.
M. de Pouilly, en 172a, lit à l’Académie des Belles-lettres, en faveur de l'incertitude, son ingénieux mémoire *, réfuté alors vivement par son confrère l’abbé Sallier a , et même par l’autorité imposante de Fréret 3 ; comme bientôt l’ouvrage de Beaufort 4 le fut par l’anglais Hooke dans son Histoire romaine 5 , et par Christophe Sax dans les Nouveaux mélanges de Leipzig 6 ; comme, de nos jours, le mémoire par lequel Lévesque préluda, dans cette Compagnie, au scepticisme de son Histoire romaine, le fut par Larcher " ; comme , en Allemagne, l’illustre successeur de Pouilly, de Beaufort , de Lévesque , l’a été par deux ou trois critiques qui, s’ils trouvent des auxiliaires, 11e
* Mèm. de V Acad, des Inscript., t. VI, p. l 4 -
1 Ibid., p. 3 o, 5 a, 11 5 .
3 Ibid., p. i/,6.
4 Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, Utrc-cht, 1738; La Haye, 1750.
Tom. I, p. 4 * 5 , éd. de Dolby.
* Miscellanea Lipsiensia nova , 174a — 44 > t- 1 , p- 4 o — 79; t. II, ]>. 409 — 495 , 620 — 71a; t. III, p. a 35 et 743.
7 Dans le tome II des Nouv. Mém. de l’Acad. des Inscript.
tarderont pas à convaincre les juges les plus prévenus que leur docte compatriote, outre les défauts incontestables de son livre, a eu le tort de donner comme neuves, comme de lui, plusieurs rêveries brillantes du napolitain Yico, plusieurs observations délicates des savants français.
Un des plus courts et certainement le plus gai des ouvrages nés de la controverse sur les origines de Rome, est cette plaisanterie que fit l’abbé Barthélemy à la fiq du dernier siècle, sans doute pour la société de madame de Choiseul, et qu’il intitula : Essai d’une nouvelle histoire romaine *. Il remonte, sans pitié, jusqu’aux âges mythologiques, où paraissent s’ètre complu les premiers rédacteurs des Annales sacrées : « Dans ce tempslà, dit-il, vivait un homme qui s’appelait Énée; il était bâtard, dévot et poltron ; ces qualités lui attirèrent l’estime du roi Priam qui, ne sachant que lui donner, lui donna une de ses filles en mariage. Son histoire commence à la nuit de la prise de Troie.... Après de longs malheurs, il parvint en Italie, vers l’embouchure du Tibre, où le premier objet qui frappa ses regards fut une truie qui venait de mettre bas trente cochons
1 Œuvres diverses de J.- J. Barthélemy, t. II, p. 176, éd.
de i8i3.