‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 5 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE. 1 I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 1 I

mencer, ainsi que les temps historiques de Rome, qu’à l’an 35 o de la fondation : il faut bien qu’il se réserve, en effet, quelque place pour ses grandes épopées latines, dont la dernière, selon lui, ne se termine qu’à la bataille du lac Régille, cette année-là même, après avoir débuté par l’expulsion des Tarquins.

Que l’on adopte, si l’on veut, cette date pour la rédaction régulière des Annales, date fondée uniquement , comme nous le verrons , sur celle de la première éclipse de soleil dont elles eussent fait mention 1 ; mais que l’on songe que la mémoire des vieillards, ou la tradition, remonte toujours au moins à cent ans en arrière, et qu’ici elle pouvait atteindre l’an a5o, six ans après l’exil des rois : on trouvera peut-être que c’est encore une assez belle antiquité.

Cicéron, qui ne fait point de système sur l’histoire de sa patrie, se contente de dire vaguement que la table historique des grands pontifes était contemporaine du premier âge de Rome; et on remarquera plus tard qu’il en fit souvent usage. Varron, son docte ami, cite deux fois leurs Annales dans l’ouvrage qu’il lui adresse sur la langue

' Cjc., de Hep., I, 16,

ia DES AN WALES DES PONTIFES.

latine. 11 est évident que tous deux les lurent, ou du moins les consultèrent. On verra tout à l’heure qu’elles ne furent pas inconnues aux historiens grecs , Pôlybe , Diodore, Denys d’IIalicarnasse, et que celui-ci surtout les désigne par des mots dont le sens ne peut être douteux. Renvoyons aussi à la discussion même tout ce qui regarde Tite-Live, qui semblerait les faire commencer au règne d’Ancus Marcius *. Les renseignements que pouvaient fournir les grands ouvrages chronologiques d’Atticus, de Verrius Flaccus, de Cornélius Népos, sont perdus. Une courte phrase de Quintilien n’est pas à négliger : « Otez l’émulation, qu’aurions-nous aujourd’hui? Rien, en poésie, au-dessus de Livius Andronicus; rien, dans le genre historique, au-dessus des Annales des pontifes 2 . »

Je laisse les témoignages, indiqués déjà, de Festus, de Macrobe, et les expressions équivoques de quelques autres grammairiens; je n’insisterai même pas sur Yopiscus 3 , dont l’autorité n’est peut-être pas assez puissante dans une

* Ni Ail in historiis supra pontificum Annales haberemus.

3 Tacit., c. i.

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