‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 6 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE. l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. l

question de critique, mais qui paraît cependant avoir lu encore les Annales où les pontifes donnaient, sur le long interrègne qui suivit la mort de Romulus, des détails qui ont échappé à Denys et à Tite-Live.

Il vaut mieux terminer l’énumération préliminaire des documents qui se rapportent à l’origine de l’album pontifical, par un texte assez étendu , assez grave , d’un des plus utiles grammairiens qui nous soient restés, de Servius, qu’il faudra seulement excuser d’avoir voulu , comme Macrobe, son ami, reconnaître le grand pontife dans un vers prononcé par le héros de Virgile *, et d’avoir ainsi donné lieu à la folle idée de Christophe Sax, qui, dans sa réfutation de l’ouvrage sceptique de Beaufort, prétend qu’Enée luimême, en qualité de grand pontife, avait laissé des Annales *. Comme ces mémoires d’Enée sont inconnus, et que réellement Servius n’en dit

1 Æneid., I, 377. «•

1 Miscellan. Lipsiensia nova , nnn. 1744, t. II, p. 4 1 7 :

Virgilium in anirno habuisse veros Ænete Annales , non est

quod dubitrmus, preesertim qiium poêla sit doctissimus ,accuratissùnusquc , et in omnibus fere versibus antiquilatis verarn imagincm curiosius rejerre student. Favet huic conjectura: non nihil Scrvii scholion.

l4 DES ANNAÏÆS DES PONTIFES.

rien , qu’il nous suffise d’entendre ce qu’il dit des Annales véritables; nous devrons du moins au rapprochement bizarre qui lui est venu dans l’esprit, une ou deux notions de quelque intérêt.

« Les Annalés, dit-il, se faisaient ainsi : Tous les ans le grand pontife écrivait, au haut d’,une table blanchie, les noms des consuls et des autres magistrats ; puis, il y consignait tous les événements mémorables au dedans et au dehors , sur terre et sur mer, jour par jour. Les anciens ont recueilli ces registres annuels en quatre-vingts livres, et, des grands pontifes, leurs auteurs, ils les ont appelés grandes Annales *. »

Ici paraissent deux faits nouveaux, qui n’ont point d’autre autorité: d’abord, la rédaction jour par jour, per singulos clics , ce qui est sans doute trop dire , et ce qui ferait croire que Servius , quoique fort versé dans les antiquités sacrées, confond sur ce point les Annales , ou avec les

'lia autem Annales conficiebantnr. Tabulant dealbalarn quutannis pontifex maximus habuit, in qua prœscriptis consulum nominibus etaliorurn magistratu'.un. cligna memoralu notare consueverat , domi militiœque , terra manque gesta per singulos dies. Cujus diligentiez; annuos commentarios in octoginta libros vetercs retulerunt, eosque a pontificibus maximis , a quibus Jîebanty Annales maximos appellarunt. Serv., ad Æn., I, 373.

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