PREMIÈRE PARTIE
a été faite ; il faut (lire encore dans quelle intention et par quel moyen *. » Pourquoi, dans les premiérs mots du texte, les seuls qui aient ici de l’importance , y a-t-il annales demonstrabant , et ensuite qui diarium scribunt? les annales au passé, et le journal au présent? C’est que trois ans après la prise de Numance, l’an 6a3, ou du moins vers ce temps, sous le pontificat de P. Mucius 3 , avait cessé la rédaction des Annales des pontifes, et que sans doute une publication journalière ou plus fréquente, diarium, acta diurna, venait de les remplacer.
Dans l’état où nous restent les monuments de la langue latine, ce mot diarium, qui a désigné, depuis, des mémoires tenus jour par jour sur les grands pontifes de Rome moderne 3 , et qui sert
1 Annales libri tantummodo quod factum est, quoqne anno gestum sit, ea demonstrabant; id est corutn quasi qui diarium scribunt, quant Grœci l^v)[x£pîoa vacant. Nobis non modo salis esse video quod factum essel id pronuntiare , sed ctiam qtto consilio quaque ralione gesta estent demonstrare. Ap. A. Gell., V, 18 .
1 Cic., de Orat., II, i%; Dodwell , Apjrend. ad prœlect. Camden., p. 656.
3 Voy. Métn. de V Acad, des Inscr., t. XVII, p. 597 ; Notices des manuscrits, 1. 1, p. 68 ; t. II, p. 546, etc. Il ne faut pas confondre avec le journal, diarium , comme celui de Burcard, le
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encore de titre à un journal romain , Diario di fioma, parait ici pour la première fois, et même on n’en trouverait pas un autre exemple , sinon dans un auteur qui transcrit cette citation, Isidore de Séville 1 ; car on ne lit partout ailleurs que le pluriel diaria , la nourriture de chaque jour , le pairi quotidien a . Un nouveau besoin fit naître un mot nouveau, ou plutôt le nouveau sens d’un ancien mot.
Quoique l’on traduisît ainsi l’éphéméride des Grecs, nous ne voyons pas que ceux-ci eussent jamais songé à un tel sens, à une telle idée : leurs Ephémérides d’Alexandre 3 , peut-être même leurs commentaires de la maison royale de Macédoine 4,
Diurnal, ou livre des prières du jour, ni le Liber diurnus romanorum pontijicum , espèce de recueil de formules à l’usage particulier de l’église de Rome, publié par le père Jean Garnier (Paris, 1680)', et qu’il rapporte au septième ou au huitième siècle.
* Etymolog., I, 43.
1 Les grammairiens latins en font une règle, Carisius, I, p. 21; Analecta grammalica. Vienne, i 836 , p. 100. Quotidiana se disait pareillement de la distribution qui se faisait chaque jour aux chanoines. Voy. ce mot dans le Glossaire de Du Cange.
3 Plutarque, Alex., c. a 3 , 76 ; Symposiac. , 1 , 6 , 1 ; Arrien, Alex., VII, a 5 ; Athénce, X, 44 ; Elien, Hist. div., III, a 3 .
* Lucien, Éloge de Démosth., c. 26; Polybe, XVIII, 16.