‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 59 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

n étaient que des journaux historiques, comme pouvait l’être Y Éphéméride de Yarron 1 * , ou ce journal cité par Servius*, que rédigeait César dans ses campagnes, et qu’il faut distinguer de ses Mémoires qui, malgré le titre que leur donne une fois Plutarque 3 , ne sont point des éphémérides. Des recueils ainsi nommés furent consultés par Trébellius Pollion sur Gallien 4 ; sur Carus et sur Aurélien, par Vopiscus, à qui un vieillard, son contemporain, put offrir encore l’éphéméride ou le journal du règne de Probus 5 . Ce mot, par lequel Philostrate désigne les Discours sacrés où le sophiste Aristide raconte presque jour par jour ses maladies, ses visions, ses voyages aux divers temples d’Esculape 6 7 , signifie de même dans les Géoponiqucs le journal, tenu par le fermier, des travaux champêtres de chaque jour 7; et il est employé aussi par Synésius, à la fin de sa qua»

1 Nonius, II, 22; Auct. Itinerar. Alcxandri, c. 6; Priscien, VI, p. 7 il, Putsch.

* AdÆn.,X î, 743.

3 ’ Vie de César, c. 22 : ’Ev toûç

* Trebcll. Pollio, Gallien., c. 18.

3 Vopiscus, Aurelian., c. 1 ; Car., c. 4 ; Prob., c. 2.

8 Phiiostratc, Vitœ Sophist., II, 9.

7 Geopon., Il, 45 .

aa4 DES JOURNAUX CHEZ LES ROMAINS.

trième Lettre, dans le sens d’un journal privé, sens qu’il paraît avoir eu longtemps avant Synésius 1 , et qui ne se rapporte pas aux nouvelles publiques. La vie politique des Grecs, non moins active que celle de Rome, mais resserrée dans leurs petits états, n’appelait point un aussi rapide et aussi énergique instrument de publicité que cet immense empire dont les armées conquécantes détruisirent en peu d’années Carthage , Corinthe et Numance.

Le moment est venu où l’inscription lente et solennelle de quelques noms, de quelques faits d’armes, de quelques triomphes, sur la table annuelle des pontifes, ne suffit plus à l’ambition des chefs, à la curiosité des citoyens. Trois ans après la chute de Numance, les Annales cessent, et il est vraisemblable que dès lors le journal commence : diarium, ce mot que Rome moderne a conservé, se trouvait déjà dans un contemporain des Scipions. L’histoire était demeurée jusque-là sous la tutelle des prêtres, chargés, par une noble pensée des fondateurs, de garder en même temps à la patrie ses dieux et sa gloire : ils seront toujours dépositaires des dieux qui ljui ont

' Comme dans Plutarque, de Fitando œre aliéna, c. 5.

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