PREMIÈRE PARTIE
tutti in monumenta est l . Les pontifes ayant renoncé à leurs Aunales avant 63g, il veut assurément parler des actes ; et comme, dans la même phrase, d’après la même autorité, monumenta, il compare ce prodige à un autre de l’an 393 , qui ne pouvait être consigné que dans les Annales, il ne fait, non plus que Servius, entre ces deux sortes de documents, aucune distinction.
Il faudrait même supposer, si l’on pouvait avoir quelque confiance dans les prétendus actes qui feront l’objet de la seconde partie de ces recherches, que, longtemps avant la 6 n des Annales pontificales , déjà se publiait séparément l’histoire quotidienne de Rome ; car ils comprennent sept jours de l’an 585, et on y trouve plusieurs petits faits que les pontifes 11 ’admettaient certainement pas daus l’histoire de l’année. C’est là ce qui faisait dire contre toute vraisemblance à Henri Dodwell, persuadé de l’authenticité de ces textes, que les actes diurnaux servaient de matériaux aux grands pontifes pour leurs fastes et leurs Annales a . Mais nous verrons que tous ces frag-
' Pline, II, 57 .
* Ex hit diurnis actis postea faslos suos Annalesqac colligebant pontifices rnaximi. H. Dodwell , Append. ad prœlect. Camdert., p. 65a.
aa8 des journaux chez les romains.
roents, ceux que l’on ne place qu’après l’an 6a3 comme ceux que l’on fait remonter jusqu’au temps des Annales, jusqu'à Paul-Emile vainqueur de Persée , ne sont qu’une docte fiction.
Quant aux restes authentiques des actes ou journaux, je n’en trouve point de l’an 63g à l’an 671 de Rome: alors, c’est-à-dire au temps des secondes proscriptions de Sylla, on pourrait reconnaître quelques vestiges des actes, et croire que c’est d’après le témoignage de ceux de cette année que plus tard Caton , pendant sa questure, obligea les meurtriers de restituer le prix de leurs crimes 1 * , puisque d’autres prescripteurs , Octave et ses complices, craignant que ce souvenir n’inquiétât leurs satellites, publièrent qu’ils n’inscrivaient nul d’entre eux dans les actes publics *. Mais peut-être ne s’agit-il ici que des registres des questeurs, quoique l’interprète de Dion, J.-A. Fabricius, entende ailleurs 3 par cette même expression les actes diurnaux.
Si les autres noms que leur donnent les historiens grecs de Rome sont toujours un peu va-
1 Plutarque, Caton, c. 17.
? ’Eç or)(jid<jta YpafiLfiata. Dion Cassius, XLVI 1 , 6.
* LVH, 16.