‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 62 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

gués 1 , ceux dont les écrivains latins se sont servis laissent quelquefois aussi dans l’incertitude. Outre les termes déjà cités, diarium, ephemeris, acta diurna, monumenta, il se peut qu’ils les aient désignés encore par les mots qui expriment ou les livres journaux des familles, diurnurn quotidianum, ralionarium, commentant , ou les procèsverbaux des magistrats et des juges, tels que ces regesta ou registres dont Vopiscus fit usage pour ses biographies des empereurs*, et que Lydus appelle indifféremment regesta ou quotidiana 3 ; mais ces derniers mots paraissent se rapporter à des temps beaucoup plus modernes

Il ne serait peut-être pas impossible d’entrevoir aujourd’hui ce que renfermait ce journal de Rome, sinon vers l’époque où je crois pouvoir en placer l’origine , du moins peu de temps après le pre-

* Ti ÛTrojjtv^aaTa , Dion, XLIV, x x; XLVIII, 44 î LVII, 21; LX, 33 ; LXVII, X l ; LXXI, 28; -ri Imputais Ôitop.v 4 |*ttta , LIII, 19; LVII, 12; xi icoivi UTroavr'u.aTa , LVII, 23 .

* Vopiscus, Prob., c. 2.

3 Lydus, (te Magistratib., III, 20.

4 Die s s’est dit aussi pour diarium ou diurnum , s’il n’y a point de faute dans ce texte où Arnobe rapproche les Annales et les journaux, VII, 9 : Quanta vi.r cxplicari decem miilibus queant vel Annalium , vel dierum.

u 3 o DES JOURNAUX CHEZ LES ROMAINS.

mier consulat de César. Un jeune chevalier romain, M. Célius llufus, d’une famille plébéienne de Pouzzol, fut, comme nous dirions, le correspondant littéraire et quelquefois politique de Cicéron qui, pendant son proconsulat de Cilicie, depuis l’an 70a , reçut de lui les nouvelles de Rome : Célius, léger, dissipateur, turbulent, mais pour qui la facilité un peu faible de son protecteur garda toujours quelque sympathie ; habile danseur 1 , qui fut édile, préteur, tribun du peuple ; que nous ne jugeons plus que sur sa mauvaise réputation et sur quelques lettres frivoles, mais qui mérita d’être loué comme orateur grave par Quintilien a , par Tacite 3 , et dont il semble que Marc-Aurèle ait étudié encore les Discours 4; partisan exalté de Catilina, quoique

disciple et client de l’auteur des CatiÜnaires ; un

des amants de la fameuse Clodia , et qui finit par la détester au point qu’on l’accusa de l’avoir empoisonnée; qui jfut aussi ardent que Curion

* Macrobe, Saturnal., II, 10 .

* Quintil. , X, 9 .

3 De Oratorib., c. ai.

* Frontonis Epist. ad Jntonin. imp., II, i, é<l. de Rome, p. i57, où M ,Dor Mai restitue par conjecture dans une lettre «le Marc-Aurèle : Legi ex Cœlio paullulum.

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