‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 67 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

les actes du peuple , tandis que son complice osa l’inscrire dans les fastes, dans un calendrier religieux.

Il reste plusieurs traces certaines , pour les années de la dictature de César, et pour quelquesunes de celles qui la précèdent et qui la suivent, des actes du sénat, de ce journal plus grave, renfermé jusqu’à César dans le secret des archives patriciennes, et qu’en avait fait sortir, l’an 694 de Rome , la politique de ce chef dès lors tout-puissant du parti populaire, lorsque, fort d’un titre légal , et de son ascendant sur le peuple, sur l’armée que lui livrait la faiblesse aveugle de Pompée, sur uneportion de la noblesse même, il brisait ainsi le dernier rempart où s’était retranchée si longtemps la domination de quelques familles, et commençait à son tour le despotisme hardi de son premier consulat.

Célius extrait de ces actes , désormais publics, une rapide analyse de quelques séances 1 , et la copie littérale du long sénatus-consulte du dernier jour de septembre 702% pièce justificative qui n’est pas sans importance dans l’histoire de la guerre civile.

1 Ap. Gic. Epist.fam., VIII, 4, n.

1 Ibid., VIII, 8.

a4îi DES JOURNAUX CHEZ LES ROMAINS.

Les Lettres île Cicéron lui-même nous transmettent quelques autres séances du sénat 1 ; car les actes officiels des délibérations, même quand ils eurent franchi l'enceinte où on les cachait au peuple, ne dispensèrent pas de ces confidences de l'amitié.

Mais ces procès-verbaux du sénat, à peine échappés au silence, à peine nés à la publicité, sont déjà menteurs ; c’est un service qu’ils rendent à César. De telles falsifications n’étaient pas jusque-là sans exemple a ; mais le secret en épargnait la honte au sénat. Maintenant l’outrage est public : le dictateur surtout employa souvent cette tyrannie nouvelle contre les vaincus de Pharsale : « Votre ami, écrivait Cicéron à Pétus, quand l’idée lui en vient, met mon nom aux sénatusconsultes qui se font chez lui; et j’apprends qu’il est arrivé dans l’Arménie et la Syrie des décrets auxquels on dit que j’ai pris part, avant que j’en sache un seul mot. Et ne croyez pas que je veuille plaisanter : non , il y a des rois fort éloignés qui m’écrivent pour me remercier d’avoir contribué par mon suffrage à les faire nommer rois , tandis

1 Epist. ad Aide., I, 19; IV, a; Epist. fam ., I, 1,2; X, 12, 1 fi ; Epist. ad Quint.fr., II , 1, 3 , etc.

* Voy. lieaufort , République romaine , 1. 1 , p. 463 .

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