‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 72 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

ments, fausseté que j’appuierai même de nouvelles preuves, parce qu’elle n’est point encore assez constatée parmi les savants, n’oblige pas nécessairement à nier que de vrais actes du peuple aient été publiés avant César. Comment un si habile critique a- 1- il donné quelque importance à un argument si faible?

Une autre raison qu’il allègue pour supposer une interruption totale de documents de ce genre entre les Annales des pontifes et le recueil de César dont parle Suétone, c’est, dit-il , le silence complet des anciens sur la publication , pendant cet intervalle, des actes du sénat et du peuple. Ceux du sénat ne furent , en effet, regardés comme publics que depuis César; mais je crois avoir indiqué plusieurs traces de l’existence antérieure de ceux du peuple, dans Sempronitis,dans Pline, dans Servius. Erhesti s’autorise même du silence de Cicéron dans le célèbre passage où il nous apprend sous quel pontife cessèrent les Annales, sans ajouter par quoi elles furent remplacées x . Il lui était fort inutile de le dire ; car il résulte naturellement de tout le reste qu’elles furent remplacées par les historiens. L’orateur examine en

1 Cic., de Oral., U, la.

a5a DES JOURNAUX cnez LES romains.

cet endroit le style convenable à l’histoire : ce n’était certainement pas le lieu de faire mention des acta diurna, consacrés ou aux actes de l’autorité publique, aux sénatus-consultes , aux plébiscites, aux édits des préteurs, aux arrêts des tribunaux, qu’il n’était point dans l’usage des anciens historiens de transcrire textuellement, ou aux Discours du forum, que chacun d’eux ne reproduisait aussi qu’avec les formes de son propre style, ou à ces petites aventures que Célius aimait tant à raconter, et que, dans leurs idées, la dignité de l’histoire repoussait encore plus.

Une dernière observation d’Ernesti porte sur cette correspondance de Célius : il croit y voir que la publication des actes fut suspendue quelque temps avant la guerre civile entre César et Pompée, puisque Célius est obligé, dit-il, de payer un rédacteur pour les nouvelles qu’il envoie à Cicéron 1 , et que celui-ci se plaint qu’on lui écrit des futilités dont nul, quand il est à Rome, n’oserait parler devant lui a . Mais il me semble que cela peut fort bien s’entendre et d’un compilateur, operarius , comme dit Célius lui-

1 Epût./arn., VIII, i.

■ Ibid., 11,8.

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