‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 73 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

même 1 , chargé de faire un choix parmi les nombreuses nouvelles à la main qui circulaient tous les matins dans la ville , et de la manière de faire ce choix. Parce qu’on y lisait beaucoup de choses futiles, est-ce une raison pour croire que ce ne fussent pas des extraits de journaux?

Quand Cicéron dit, en écrivant de Laodicée à Atticus, l’an 70$ : «J’ai les actes de la ville jusqu’aux nones de mars a ; » quand il écrit, vers le même temps, à Célius , au sujet de cet Ocella surpris deux fois en adultère 3 : « Je 11e trouve point cela dans les actes 4 ;» et de Rome à Cornificius , l’an 709 : « Je suis sûr qu’on vous envoie les actes de la ville 5 ; » Ernesti n’y voit que des nouvelles particulières écrites par un esclave ou un affranchi. Peu importerait encore : on sait bien que les nouvellespubliques elles-mêmes ne pouvaient être transcrites aussi que par des affranchis ou des

* Ibid., VIII, 1.

1 Habebam acta urbana usque ad nonas martias. Epist. ad Attic., VI, a.

1 Epist. fam., VIII, 7.

4 De Ocella parurn ad me plane scripseras : et in actis non erat. Epist. fam., II, i5.

5 Rerum urbanarum acta tibi mitti certo scio. Quod ni ita putarem, ipse perscriberem. Ibid., XII, a3.

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esclaves. Mais si l’on admet de tels compilateurs de nouvelles dans toutes les maisons des hommes mêlés au gouvernement, des proconsuls, des propréteurs, des questeurs, des publicains, nous voilà bien près de l’idée que l’on croit moderne d’une correspondance journalière entre la capitale et les provinces, et de ce service de bulletins régularisé par César pour les délibérations du sénat. En voyant Cicéron à Laodicée , Cornificius en Afrique , recevoir jour par jour les actes de Rome, il est difficile de croire que, dans une ville où Atticus spéculait sur la publication des œuvres de son ami *, l’intérêt particulier n’eût point aidé à la propagation des nouvelles.

Plus tard, pendant un séjour à la campagne, Pline le Jeune prie un ami de lui faire transcrire les nouvelles de la ville 2 . Dira-t-on, pour cela , qu’elles n’étaient pas alors publiées et conservées, tandis que nous avons à tout moment dans les historiens de l’Empire la preuve qu’ils avaient sous les yeux celles qui remontaient jusqu’au temps de Néron, de Claude, de Tibère et d’Auguste?

Ernesti, en élevant cette difficulté, n’a point

1 Cic., Epist. ad Attic., XIII, i5, 3a, etc.

1 TJrbana acta transcribc. Pline, Epist., IX, i5.

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