‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 74 sur 109 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

songé qu’un témoignage certain nous permet d’affirmer que les actes du peuple, entre le premier consulat et la dictature de César, avaient été aussi recueillis et conservés. Le procès de Seau rus et celui de Milon sont postérieurs, l’un de cinq ans, l’autre de sept, au premier consulat de César : or, nous avons vu que l’auteur des scholies sur les plaidoyers prononcés dans ces deux causes , un contemporain de Claude, Asconius Pétlianus, cite plusieurs fois, comme supplément à cette partie de l’histoire, les actes ou journaux du temps, et même ceux de l’année Gg5. Les actes du peuple n’étaient donc pas ajors interrompus, et rien ne prouve qu’ils l’aient été en 702 , ni pendant les autres années de la correspondance de Célius. Quand les actes pouvaient être consultés si longtemps après leur date, n’est -on pas autorisé à croire qu’ils étaient, non pas seulement communiqués à quelques citoyens par leurs amis, mais régulièrement publiés?

Dion Cassius est parfaitement d’accord avec cet imposant témoignage : il regrette, lorsqu’il arrive àl’époque impériale, les nombreux matériaux que lui fournissaient les temps où des rapports sur les - événements les plus lointains étaient adressés au sénat et au peuple, et où ceux qui se défiaient

a56 DES JOURNAUX CHEZ LES ROMAINS.

des historiens pouvaient chercher la vérité en comparant leurs récits aux actes publics Ce n’est pas qu’il n’eût entre les mains ceux du temps des Césars, qu’il désigne souvent par le même mot a ; mais ou reconnaît dans tout ce passage qu’il n’a plus la même confiance pour celle publication, surveillée, altérée, et quelquefois interdite par l’autorité d’un seul maître.

Si l’on trouve ici une nouvelle preuve que la publication des actes du sénat et du peuple avait commencé et s’était perpétuée longtemps avant l’Empire, ce ne peut être, j’en conviens, une raison pour croire qu’il y eût alors, ou même sous l’Empire, des entrepreneurs de feuilles véritablement quotidiennes , quoique le mot deyownalisle se lise presque dans le code Théodosien , diumarii 3 ; ni pour se figurer des bureaux de rédaction , des abonnements , des distributeurs partant à heure fixe des ateliers d’un copiste en chef, ou des magasins de Sosie le libraire. Il n’est pas non plus nécessaire de prétendre que la publication des actes, surtout de ceux du sénat, ennemi des innovations et encore plus de César, ne fut jamais

1 Dion , LIII, 19.

* Tà Saoula uitojjLv^jiaxa , ibid., et pass.

* CW. Theod., VIII, 4 , 8.

Page 1