PREMIÈRE PARTIE
dans ces fragments modernes de journaux romains que la critique n’a pas assez condamnés, mais dans les éloges, les titres ou notices ( eloqia, tituli ) trouvés sur des bases de statues, sur des écussons, à Florence, à Arezzo, et plus récemment à Pompéi. Non que je prétende que ces restes de l’histoire inscrite sur le bois, la pierre ou le bronze, nous soient parvenus dans leur état primitif, comme les épitaphes des Scipions, le sénatus-consulte contre les bacchanales, et d’autres inscriptions moins intelligibles de l’antique Italie : transcrits et restitués de siècle en siècle, ils ne nous arrivent qu’avec des altérations, telles qu’on en peut supposer dans l’hymne des fratres Arvales , recopié au temps d’Héliogabale, et surtout dans le piédestal de la colonne Duilienne , reproduite soit par Auguste, soit par Vespasien; ou plus altérés encore, comme les textes que nous ne tenons que des copistes de manuscrits , comme la prière osque dans Caton l’Ancien 1 , le chant des Salieus dans Varron * , les douze Tables ; ou presque entièrement soumis à des habi-
1 Le Re Hast., c. 160.
* Le Ling. lat., VII , 16 , éd. d’Otfr. Müller. Voyez d’autres fragments recueillis par Gutberleth , de Saliis , c. ai et suivants.
18 DES ASKAI.ES des eoktifes.
tuües nouvelles d’orthographe et de langage, comme la plupart des anciennes formules citées par Tite-l>ive,Macrobeet les grammairiens. Toutefois une sorte de simplicité naïve s’y reconnaît encore; elle a pu s’y perpétuer d’âge en âge, défendue contre les innovations trop hardies par le respect des peuples pour un texte sacré.
Sur une base trouvée à Pompéi, se lisent ces mots, publiés par Millin, Romanellï, mais plus complètement par le chanoine André de Iorio ", d’après un nouveau fragment du même marbre :
Rornulus Ma rds Jilins urbern Romani condidit , et regnavit a/inos duodeqnadraginta (trente-huit ans, comme dit Plutarque, contre l’opinion commune, à la fin de la Vie de Rornulus). Isrjue primas dur, duce hostium Acrone , rege Ctvninensium , interfecto , spolia opima Joël Feretrio consecravit , receptusque in deortim numerum, Quirini nomine appellatus est.
Fragment d’un éloge de Camille, trouvé à Florence, et cité par Gori * : ... Veios , post Urbern captam , commigrari passas non est. Etruscis ad Sutrium dévie lis , Æquis et Volscis sabactis , terdam triurnphavit , etc.
1 Plan de Pompéi, elc. Naples, i8a8.
1 Inscript, in Etruritv urbibus exslantes , I, p. 96.