XLV
* Ad Æneid., VIII, r.
7 Dion Cassius, XXXVII, a 8 .
SECONDE PARTIE
vexillo in arce posito 1 , et sachant par Macrobe quelle était la couleur du drapeau du Janicule*, a écrit : Vexillum rubeum in arce positum.
Dodwell ne fait point de note sur ces trois dernières lignes. Wesseling remarque avec raison que s’il n’est point probable que l’on eut mis en croix un chef de pirates le premier jour des fériés latines, il ne l’est pas non plus que les consuls, occupés alors sur le mont Âlbain , eussent ce jourlà fait prêter serment à l’armée dans le Champ do Mars. L’auteur du journal avait vu dans Tite-Live * que les deux consuls avaient pris une part égale aux préparatifs pour la guerre de Macédoine : il a voulu mettre ces préparatifs en action.
5° 11 est déjà constant que tout ce récit du départ de Paul-Émile appartient à Tite-Live, dont les expressions même sont conservées : majore quam solita frequentia pwsequentium 4. Mais le copiste en fixe la date au moins trois jours trop tôt, le second jour des fériés latines, qui depuis longtemps en avaient quatre. Si la phrase de l’historien peut sembler douteuse, d’autres témoi-
1 Tite-Live, XXXIX, i 5 .
* Macrobe, Saturnal., I, 16.
» XUV, ai.
4 XL IV, 19, aa.
3l4 DES JOURNAUX CHEZ LES ROMAINS.
gnages nous disent qu’on augurait mal d’une armée qui partait avant la célébration de ces fêtes l ; et Paul-Émile, trop religieux ou trop habile pour se mettre au-dessus d’une telle opinion , attendit sans doute la fin des solennités.
Dans la iacunp suivante, imaginée assez à propos pour donner un air de vétusté à ces fragments , on a voulu peut-être faire supposer , et Pighius croit qu’il s’agissait encore d’un incendie : celui-ci aurait porté l’effroi depuis la voie Sacrée jusqu’au riche quartier des Carènes, qui n’en était pas effectivement très-éloigné. On fait ici dépendre de ce quartier le sacellurn de Strénia , indiqué dans les mêmes termes par Varron et par Festus a . Cette mention de Strénia et de sa chapelle a porté, en 1670, l’auteur de l’histoire latine desÉtrennes, Martin Lipenius, a transcrire tout cet article du i cr avril, qu’il appelle un noble fragment des journaux romains 3 : Spon, critique
* Dion Cassius, XLVI, 33.
1 Varron, de Ling. lat. V, /, 7 , éd. d’Otfr. Muller : Bine oritur caput Sacras vice ab Streniœ sacello. Festus, au mot Sacrarn viam , p. a38 de l’cd. de Lindcmann : A Regis domo ad sacelfam Streniœ.
3 Ex nobili fragmenta aclorum diurnorum ejus anni. Mart. Lipenius, Strenarum hist., ap. Græv. Antiquit. rom., t. XII, p. 4io.
SECONDE PARTIE. 3l5
plus prudent, n’en a rien dit, en 1 683 , dans ses recherches françaises sur les Étrennes x .
Le conseil que donne Célius lui-même à son ami sur les nouvelles qu’il lui envoie, de passer les acteurs sifflés, les funérailles a ; peut-être aussi l’autorité de Tacite, qui avait consulté les actes pour le récit des honneurs rendus aux cendres de Germanicus 3 , nous ont valu , dans ce numéro et le suivant, quelques anecdotes de pompes funèbres. L’épigrarame sur le convoi de Marcia, fille de Sextius ou Sextilius, où l’on vit plus d’images que de gens en deuil, rappelle cette autre plaisanterie sur la cella que les bouchers consacrent malgré eux à la déesse des voleurs. C’est assez le ton des journaux modernes; mais je persiste à croire que chez les Romains, au siècle de Caton, ces épigrammes-là ne se gravaient pas sur le marbre.
Le pontife Sempronius était déjà connu; car on voit son élection dans Tite-Live 4 . Tite-Live parle souvent aussi des fêtes de Cybèle, Megale-
• Spon, Recherches curieuses d’antiquité , p. /|85.
* Célius, ap. Cic. Epist.fam., VIII, il : Milita transi , in primis ludorum cxplosiones, et funerum.
3 Tacite, Annal., III, 3.