‹ Des justes limites à l'action de l'État [microforme]Chapitre 2 sur 7 · SORT DER · texte numérisé non relu

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Que cette tendance de l'État vienne à prévaloir, que cette conception athée de la vie finisse par dominer, en ce Pays, et les hommes sacrifieront leurs libertés dans leur désir d'obtenir, par l'entremise de F État Souverain, tout le confort matériel d’une existence purement animale. Notre nation est done menacée de l’absolutisme gouvernemental, du fait que l'État continue de commettre des USurpations de pouvoir. et à cause d’une disposition croissante, chez les citoyens, à attendre de l’État omniscience et oOmnipotence, — attributs qui conviennent à Dieu seul. Que les cnvictions religieuses disparaissent du milieu de nous, et, grâce à tant d’autres énergies malfaisantes qui Opéreront, nous serons soumis à un despotisme pouvant entrer en parallèle avec celui qui régnait aux jours les plus sombres du paganisme.

Ceci indique done qu'il est urgent Pour nous de revenir à la saine définition de notre nature et des fonctions de l'État. C'est seulement quand on : étudié et adopté les principes fondamentaux de la société civile, que les prétentions de celle-ci peuvent être retenues dans le droit chemin; c’est seulement quand on a une idée exacte de l'objet pour lequel elle existe que les justes limites où doit s'exercer son action peuvent être déterminées. :

Qu'est-ce done que l’État ?

Pour donner une réponse adéquate à cette question, il faut avoir de justes notions concernant l'origine de l’État et les phases successives par lesquelles sa naissance s’est préparée. ignorance ou l'erreur sur ce point engendre toutes les fausses théories de gouvernement, À Ja racine de la question qui nous occupe il y a ce fait que l'individu existait avant que l'État fût né: avant la société civile existait cette forme de société qui s'appelle la famille, composée d'unités individuelles, la famille qui est la cellule sociale. En vertu de leur nature, de leur origine divine et de leur destinée éternelle, les hommes, à la fois comme individus et comme membres de la société domestique, possédaient des droits conférés par Dieu: et ces droits, ils comprirent qu'ils en Pourraient jouir complètement et

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avec sécurité, non Pas en s’isolant, mais en s’associant et en CO0pérant dans un effort commun. Leur nature sociale les porta à chercher dans l'état de société, la pleine mesure d'existence; et c’est dans la société civile, dont la formation fut divinement inspirée et instituée, que leur faiblesse naturelle eut immédiatement l'instinct d'aller -hercher un complément à l’activité individuelle et à ce que l'initiative privée peut produire dans l'ordre temporel.

Telle ‘ut done l'origine de l’État : il à pris naissance de l’union des familles anxieuses d'assurer la protection de leurs droits et l'essor de leur bien-être temporel. Par nature et par institution, l'État devint le serviteur du peuple; son rôle était de promouvoir les intérêts terrestres du peuple: il avait été créé pour Sauvegarder leurs droits, non pour les absorber ni les abolir. Les droits naturels et inaliénables de l’homme n'étaient pas destinés à être engloutis ou sacrifiés, du fait de l'entrée de l'individu dans la société civile, mais à en être sanetifiés et fortifiés.

L'État existe donc pour l'individu, Ce principe fondamental de philosophie politique, les hommes d'État qui ont présidé aux origines de cette nation l'ont exprimé clairement dans le préambule du remarquable document légal qu'ils ont composé. « Nous, le peuple des États- Unis, de façon à procurer une plus parfaite union, à établir la justice, à rendre durable la tranquillité domestique, à pourvoir à la défense commune et à promouvoir le bien général, et afin de nous assurer à nous-même et à notre postérité les bienfaits de la liberté, nous ordonnons et établissons la constitution des États-Unis d'Amérique. »

Promouvoir les intérêts de tous et la prospérité temporelle de la communeuté, protéger les droits privés des citoyens, — te] fut le but pour lequel notre République a été organisée: et telle est la mission que l'on attend de sa Part aussi bien que de la part de tous les autres gouvernements civils, en vertu de leur nature et de leur institution. Jamais l'on ne doit perdre de vue cette notion de l’État, car elle est la norme d'après laquelle toute législation, pour être raisonnable et juste, doit être mesurée, Elle est la

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