OBSERVATION XII
Dans la traduction du Traité des maladies de l'œd, faite par MM. Testelin et Warloraont, M. James Dixon a publié une observation, que nous résumons.
L’auteur déclare d’abord que c’est le premier cas de kyste de l’iris qu’il ait ob-
serve soit dans sa pratique persouuelle, soit dans celle de ses confrères , et il insiste sur cette particularité que, malgré trois ponctions successives du kyste , suivies d’une réapparition de la tumeur, dont la paroi antérieure fut cette fois déchirée, cela n’empêcha pas la tumeur de se reproduire de nouveau.
En 1834, Elise S âgée de 17 ans, se blesse l’œil droit avec une fourchette
à deux dents; une des dents blessa la sclérotique , à une ligue environ de la cornée, tandis que l’autre, ce n’est là qu’uue supposition, blessa la cornée et peutêtre l’iris. Trois à quatre mois après, l’œil devint sensible; cependant tous les acciçieuts disparurent, et la vue resta intacte.
En 1846, il y eut de l’irritation et de la photophobie. L’année suivante , l’œil s’enflamma, et Élise fut reçue à l’hôpital de Moorsfields, dans le service deM.Dalrymple. L’œil était alors injecté, la cornée saine, et l’on voyait le tiers supérieur de la chambre antérieure rempli par un kyste placé au devant de l’iris, et recouvrant la partie supérieure de la pupille; la partie inférieure de la pupille était noire, et exempte d’opacités; les parois du kyste étaient fort minces, et semblaient formées par le tissu fibreux de l’iris.
Le 20 mai, M. Dalrymple fit une ponction avec un couteau à cataracte; le kyste s’affaissa, la pupille reprit sa forme. Un mois plus tard, cette tumeur avait reparu.
La malade passa , par suite de la mort de M. Dalrymple, dans le service de M. Dixou, qui lui pratiqua deux pondions; ces deux fois, le kyste fut vidé, et il reparut bientôt. M. DIxon déchira à l’aiguille la paroi du kyste, qui devint flottante dans l’humeur aqueuse. Après celle déchirure, l’iris reprit sou aspect naturel. Cette opération eut lieu en février 1855, et, au mois d’octobre suivant, le kyste avait reparu aussi volumineux qu’avant; l’œil était d’une extrême sensibilité, et la vision obscure. Une nouvelle opération fut pratiquée; une portion de la paroi fut tirée au dehors de l’œil, au moyen du crochet de Tyrrell ; dans la manœuvre opératoire, la capsule du ci istalliu fut déchirée, et une cataracte s’ensuivit. Une iritis consécutive amena des synéchies |)ostérieures. Le kyste se reforma de nouveau. Une nouvelle ponction fut pratiquée en janvier 1856; le kyste s’affaissa pour reparaître encore, et en 1857, lors de la publication de l’observation, la malade était encore en traitement. * »
Ce sont là fous les faits que nous avons pu rassembler. Tout en cherebant à résumer les observations, nous n’avons pu passer une foule de détails qui nous serviront dans la discussion, et sur lesquels nous nous appuierons quand nous traiterons de la pathologie des kystes de l’iris.
1860. — Guépin.
Les deux observations suivantes sont celles que nous avons recueillies à la clinique de M. Desmarres; nous les reproduisons en eî)(ier, en les faisant suivre de l’analyse anatomique des kystes par M. Ch. Robin. Ce savant micrographe a bien voulu examiner les pièces après l’excision du lambeau d’iris qui les portait.