‹ Des kystes de l'irisChapitre 15 sur 22 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

M. J. -B. L , âgé de 32 ans , d’une bonne constitution , employé au chemin de

fer, demeurant à Montmartre, a toujours été d’une bonne santé. A 29 ans, il fut atteint d’une cataracte monoculaire gauche, qui se produisit peu h peu sans douleur de tête, sans rougeur de l’œil.

Il fut opéré, le 27 avril 1859, à la Maison municipale de santé, par broiement. Quelques jours après, se manifestèrent des accidents inflammatoires; le malade perdit la vue qu’il avait recouvrée.

I! se présenta chez M. Desmarres, qui lui proposa une opération, qu’il accepta, et qui fut pratiquée le 19 novembre. A celle époque , il présentait une pupille ronde dans ses deux tiers supérieurs et internes (1); la partie inférieure externe de l’iris est envahie par une tumeur bilobée , ou mieux par deux tumeurs qui semblent prendre naissance dans le tissu iridien , et qu’on peut comparer à deux lentilles légèrement imbriquées.

Au-dessus de la plus externe, se trouve une tumeur qui comprend entre elle et la dernière un segment d’iris sain. Cette troisième tumeur, qui a la forme d’un œuf par sa partie centrale, s’accole à la tumeur externe inférieure; si bien que le petit cercle de l’iris en cet endroit est complètement caché , et ces trois extrémités viennent se dessiner sur une fausse membrane qui occupe la pupille dans son tiers inférieur interne.

Ces deux premières tumeurs, que nous venons de décrire, sont rouge-brun, contiennent un liquide, et l’éclairage oblique permet de constater les deux parois du kyste.

(1) Une fausse membrane pupillaire, blanche nacrée, sillonnée par dés replis en forme d’éventail. Ces replis sont unis en bas et montent en s’écartant les uns des autres. A la partie supérieure de la pupille, celle fausse membrane est beaucoup moins épaisse, ce qui permet à l’éclairage oblique de constater la coloration noire du fond de l’œil, qui se voit comme à travers un nuage.

Dans la troisième, le tissu iridien a conservé eu parlie sa couleur; l’extre'raité pupillaire a un reflet semblable à celui qui a été signalé pour les deux premières.

Enfla, à la partie supérieure, se trouve une nouvelle tumeur, moins acceutuée que la troisième, et séparée de cette dernière par un sillon profond, un peu incliné sur le diamètre horizontal de l’iris. Cette tumeur ne s’étend pas à toute la largeur de l’iris , elle s’arrête aux deux tiers de son bord excentrique. Le reste de l’iris est sain. Une ponction fut pratiquée à la partie inférieure externe , avec le couteau lancéolaire. Cette ponction comprenait ia surface de la tumeur bilobée. Immédiatement cette tumeur vint faire hernie; elle fut saisie avec des pinces, et entraînée au dehors; mais, par suite des adhérences de l’iris et de la fausse membrane pupillaire, l’iris fut décollé à sa partie supérieure et interne; les tumeurs et la fausse membrane furent amenées au dehors excisées.

Le lendemain, la réunion était faite; une légère hémorrhagie s’était produite dans la chambre antérieure. Quelques jours après, le malade allait très-bien , la vision était rétablie , et le malade crut devoir cesser ses visites à la clinique.

Analyse anatomique par M. Ch. Robin.

En raclant aussi bien que possible la face interne de la cavité, on n’obtient pas d’épithélium, mais seulement une matière grisâtre, composée de Anes granulations de même couleur, de granulations graisseuses, etd’un j)lus petit nombre de granulations pigmentaires (il n’existait pas de granulations pigmentaires dans le premier kyste). Comme dans le premier cas, la paroi est formée par le tissu de l’iris, qui semble s’être dédoublé pour former une cavité; du reste aucune autre production anormale.

Au fragment d’iris adhérait une capsule de cristallin, à la partie antérieure de laquelle se trouvait appliquée une couche épaisse de tissu flbreux, semblable à celui des cataractes pseudo-membraneuses.

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