DIAGNOSTIC
Le diagnostic du kyste de l’iris est loin de présenter toujours la même difficulté; nous ferons le diagnostic suivaiit les périodes que nous avons admises dans la syniplomatologie.
Dans la première période, on constate une tuméfaction circonscrite de l’iris, avec ou sans changement de coloration de cette membrane. Les douleurs sont nulles et l’inllammation à peine sensible; le plus souvent elle n’existe pas. De plus, le malade o.u les personnes qui le soignent, si c’est un enfant, supposeront ce fait, que le sujet s’est contusionné ou blessé l’œil quelques mois auparavant.
'On ne pourrait, je crois, confondre le kyste qu’avec un condylome non syphilitique et tout à fait au début; mais le condylome excite toujours de vives douleurs, et c’est un fait rare qu’on vienne s’adresser à un chirurgien de cette époque pour un kyste à peine visible, indolore, et qui ne trouble pas la vue.
L’éclairage oblique pourra servir à fixer le diagnostic.- Le condylome est vascularisé à sa surface, le kyste ne l’est pas. L’examen, au besoin aidé du même procédé, suffira pour faire rejeter l’idée des tumeurs syphilitiques et éléphantiasiques, qui ne sont jamais des faits f isolés ; de plus, .s’il y a eu une plaie pénétrante de. la cornée, on verra, facilement .si le kyste correspond à la direction .probable de l’instrument vulnérant, et pourra faciliter les recherches.
Quant aux nbcès, ils sont un mode de, terminaison de l’iritis, et l’on troxive toujours les signes de l’iritis aiguëqui les a produits.
Dans la deuxième p*‘riode, le diagnostic esî pins simple; le chirurgieiv voit sur* l’iris une tume«ir arrondie, bien limitée, non entourée d’une atmaspbère nuageuse. Cette tumeur est en général blanche ou ghuque, quelquefois brunâtre, avec certains reflets rosés à l’éclairage oblique, qui permet d’en apprécier les moindres détails.
Je ne vois rien qu’on puisse comparer aux kystes développés, qu’un noyau de cristallin abaissé depuis longtemps, et passé dans la chambre antérieure depuis peu. Mais un noyau lenticulaire a autour de lui une atmosphère blanchâtre, formée par les couches les plus superficielles en voie de ramollissement. Déplus, le malade fera savoir qu’il a été opéré cîè cataracte.
Aujourd’hui, pendant que nous rédigeons notre thèse, nous avons vu chez M. Desmarres un fait de ce genre, et la méprise n’était * guère* possible. Du reste, on aurait bien pu constater, au moins dans ce cas, la présence ou l’absence du cristallin. M. Wharton Jones, dans son observation, a aussi insisté sur ce point, qu’à première vue, on pourrait être tenté' de prendre une luxation du cristallin pour un kyste.
Dans la troisième période, le diagnostic est plus simple encore; il suffit alors de regarder pour savoir à quoi l’on a affaire.
Mais il est très-important de faire un diagnostic aussi exact que possible des lésions qui accompagnetil le kyste; c’est là que se trouve en grande partie la. question de pronostic.
Nous croyons qu’il n’est pas de notre sujet de faire ici le diagnostic de l’irido-choroïdite; les caractères sont les mêmes, qu’elle soit ou non provoquée par un kyste.
PRONOSTJC.
Le pronostic du kyste de l’iris est toujours très-grave, quel que soit le parti qu’on prenne, qu’on ne fasse qu’un traitement palliatif, dii igé contre les accidents, ou qu’on attaque le kyste lui-même.
Dans le premier cas, l’œil est compromis; dans le second, on court toutes les chances d’une opération délicate, difficile, mais qui conduit moins souvent à la perte de l’œil que la temporisation quand même. Le pronostic est grave, sérieux, avons-nous dit; et cependant il est loin d’être absolument le même à toutes les périodes.
Dans la première en effet, des soins médicaux bien dirigés peuvent empêcher que les phlegmasies de l’œil qui apparaissent à celte époque n’aient de graves conséquences. On peut presque à coup sûr maintenir l’œil dans les conditions les plus favorables pour le succès de l’opération, qui deviendra nécessaire quand le kyste gagnera la vision et deviendra cause d’inflammation, que des soins si bien entendus qu’ils soient ne pourraient pas toujours modérer.
Le nombre des kystes, le nombre des poussées phlegmasiques, augmentent la gravité du pronostic, parce qu’elles diminuent le nombre des chances favorables de l’opération ; si elles ont été nombreuses, il peut arriver que, le kyste guéri, il reste sur place des exsudations pupillaires ou une irilis, qui compromettent la vision.
A la troisième période, quand tout le globe oculaire est envahi de fausses membranes, et que l’atrophie se produit, ce cju est le dernier tableau de la scène, le pronostic augmente singulièrement de gravité. Ce n’est plus au kyste que le chirurgien doit seulement s’adresser, mais à une affection complexe. Le pronostic de l’iridochoroïdile, sérieux par lui-même, s’ajoute au pronostic déjà si grave du kyste. L’état probablement pathologique des milieux de l’œil et du cristallin doivent faire garder la plus grande réserve dans lè pronostic.