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la portion correspondante de la tumeur. Tandis que la paroi gauche de la tumeur est de consistance osseuse, la paroi droite antéro-latérale présente une grande mollesse et par place de la véritable fluctuation.
Pour faciliter l’ablation de la tumeur, on en vide par une incision la portion kystique ; il s'écoule un liquide brun, épais, visqueux, filant, présentant des flocons d’un blanc sale et renfermant une pelote de cheveux entremélés, de la grosseur d’un œuf de poule. On peut se rendre compte alors que le kyste formait environ les deux tiers de la tumeur entière.
Avant de décrire plus en détail cette tumeur, il convient de donner quelques renseignements sur l’état des autres organes du corps.
Le cœur était flasque, dégénéré, et présentait un épaississement des valvules aortiques, les ganglions rêtro-péritonéaux sont augmentés de volume et présentent à la longue une section dure au toucher. Rate molle. Reins plutôt diminués de volume et présentant une grande mollesse. Dans le lobe gauche du foie, on remarque la présence de nombreux kystes de dimensions variables, renfermant une matière visqueuse, de couleur jaune blanchâtre ; dans le lobe droit, 1ls sont moins nombreux. La vésicule biliaire est presque vide. Muqueuse de l'estomac décolorée, sans autres particularités.
Description de la tumeur et des parties attenantes. — L'ovaire droit, formant un kyste de la grosseur d’un œuf de pigeon, se trouve situé en avant et dans ia partie inférieure de la tumeur. L’utérus, faisant corps avec cette dernière, est fortement attiré à gauche, tandis que son col est porté à droite. Malgré l'adhérence intime des anses intestinales à la portion postérieure de la tumeur, on ne trouve aucun rétrécissement notable de leur calibre.
La surface extérieure de la tumeur est rugueuse et bosselée surtout à droite; à gauche, elle est plus lisse. L’épaisseur de la paroi est de 2 à 3 millimètres ; à droite, sa consistance est celle du cuir, à gauche, au contraire, son épaisseur atteint 6 millimètres et sa dureté égale celle de l'os.
La surface interne de la paroi à droite est recouverte d’une couche blanchâtre, formant des écailles par places. À gauche se trouve une saillie osseuse de forme indéterminée et à la partie inférieure du même côté, on voit une grosse papille, d'aspect muriforme, de couleur brunâtre, recouverte de longs cheveux noirs ; près d'elle s'étend vers le haut une bande étroite de peau recouverte de poils, on peut constater encore la présence d’autres papilles verruqueuses dans les environs de la première.
L'examen microscopique fait aussitôt la section du kyste à démontré que les flocons de matières blanchâtres trouvées à l’intérieur de la tumeur étaient constitués par de là matière grasse, renfermant des cristaux de cholestérine et des cellules épithéliales.
Flanquant pour ainsi dire le kyste principal, on constate, à droite, la présence d’autres kystes plus petits, renfermant aussi des cheveaux et la même matière graisseuse, légèrement brunâtre.
Examen microscopique de la papille principale. — La coupe montre un
développement exagéré des glandes sébacées, et révèle la présence de fibres nerveuses très nombreuses.
Entre les canaux glandulaires, la couche cellulaire fait presque défaut.
Limitant la lumière des canalicules, on trouve des cellules pour la plupart polygonales, rassemblées en amas assez considérables, surtout vers les culs-de-sacs des glandules. Leurs noyaux se colorent fortement mais, malgré cela, il est impossible d'en étudier la structure. Autour des cellules se voient des filaments et des intervalles paraissant vides, ne prenant pas la coloration et formant un réseau complexe et très important. Les cellules plus particulièrement en rapport avec ces formations paraissent avoir subi pour la plupart des transformations considérables ; elles sont polymorphes, teintées très peu par l’éosine, et leurs noyaux sont à peine perceptibles. Par endroits, on trouve des conduits glandulaires, tapissés de cellules épithéliales plates ou cylindriques peu élevées respectant la cavité. Ailleurs, les conduits glandulaires sont complètement obstrués par les cellules polygonales. On a ainsi toutes les transitions entre les deux combinaisons, et l’on se voit en présence d’un tissu carcinomateux en formation.
Vers le fond des canaux glandulaires, on aperçoit encore des anses assez fortes, formées de fibres musculaires, lisses, montrant leurs noyaux étroits en forme de bâtonnets.
C’est là, au niveau de ce tissu musculaire, que semble s HR en une ligne peu nette, la dégénérescence carcinomateuse.
On ne saurait s'empêcher de comparer le cas présent aux cas de néo-
plasme des glandes mammaires avec il présente une grande similitude.
. Examen microscopique de la partie la plus mince de la paroi du kyste principal. — Vers la lumière du kyste, on trouve d’abord des cellules à caractère endothélial ; puis vient une couche celluleuse à peine développée, qu'on ne peut bien étudier qu'au niveau de petites cryptes entourées de formations pileuses; elle est formée alors de cellules cubiques ou fuselées, agglomérées, disposées par couches. Le tout est recouvert de débris de cellules et de matières grasses ; des vaisseaux nombreux se montrent dans la paroi. En opposition avec la portion mince du kyste, la paroi gauche, très épaisse et dure, se montre pauvre en cellules et en vaisseaux. À la surface, on voit des cellules tantôt cubiques ou cylindriques, fortement granulées, disposées par couches ou formant un simple dépôt ; on remarque aussi des fibres conjonctives très fines au milieu de ces cellules. Aucune trace d’épithélium plat, pavimenteux.
Dans certaines préparations, prises non loin de la papille on trouve des cellules cartilagineuses, faiblement colorées par l'hématoxyline, et qui paraissent très abondantes à ce niveau. Ailleurs, le tissu cartilagineux est devenu muqueux par dégénérescence, il a subi une métamorphose régressive.
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Dans les coupes prélevées à l'endroit où le gros intestin est presque complètement entouré de la paroi épaissie de la tumeur, l'attention est attirée par la minceur de la couche muqueuse sous laquelle on peut reconnaitre distinctement une sous-muqueuse très diminuée. Par contre, la couche musculaire sous-jacente présente un développement anormal et se mélange insensiblement avec la paroi de la tumeur. Les noyaux des fibres lisses sont plus courts et plus larges que d’habitude. Plus profondément, on rencontre du tissu cellulaire où les fibres deviennent plus rares. Le tissu osseux se montre aussi à certains endroits. Au microscope, le tissu carcinomateux dans les ganglions lymphatiques rétro-péritonéaux présente un faible stroma et renferme très souvent des dépôts calcaires.
Les kystes du foie ne présentent rien dans leur structure qui pourrait les rattacher à la tumeur abdominale, et en faire des produits métastatiques de celle-ci.
En somme, on ne trouve dans le cas présent, aucun des caractères du cancer épithélial pavimenteux, mais plutôt des analogies avec le cancer glandulaire, l’adéno-carcinome. Il ne peut être question ici d’endothéliome, le cancer a probablement pour point de départ la papille principale, car les autres foyers de - tissu néoplasique ne paraissent pas être de date aussi ancienne.
Remarquons en terminant que notre kyste dermoïde n’est pas une tumeur simple, mais qu'il renferme à son intérieur tous les tissus que l’on rencontre dans l'organisme complet.
Il est probable que ce sont les glandes sébacées si abondantes qui ont été le siège primordial de la dégénérescence.
2e cas. — La malade, âgée de #1 ans, entre à la clinique du Pr D: Sasaki. Pas d’antécédents héréditaires importants. On note dans les antécédents personnels une arthrite du genou gauche à 21 ans, suivie d’ankylose.
En mai 1893, la patiente s'aperçoit pour la première fois de la présence d’une tumeur, non douloureuse, ayant les dimensions d’une pomme, située dans le voisinage de l’ombilic. Augmentant peu à peu de volume, cette tumeur devient bientôt douloureuse et force la malade à s’aliter au mois de novembre de la même année. On pratique la laparotomie en janvier 1894, mais l'opération ne peut être achevée par suite des adhérences trop nombreuses que la tumeur à contractées avec la paroi et les intestins. La malade se cachectise de plus en plus et meurt au mois d'avril.
Résultats de l'autopsie pratiquée par le Dr Miura de Tokio. — Rigidité cadavérique disparue; téguments décolorés, disparition presque complète
du tissu adipeux sous-cutané. OEdème très prononcé des membres inférieurs.
A l’ouverture de la cavité abdominale, on constate sur le. péritoine viscéral l'existence de néoformations récentes, disposées en noyaux variant de dimension d’un pois à celle d’un œuf de et Épanchements pleuraux des deux côtés. Cœur atrophié, pas de lésions valvulaires. Rate molle, diffluente. Hydronéphrose à gauche. Rien à l'estomac. Nombreux kystes à la partie supérieure du foie, contenant une masse graisseuse molle. La tumeur est un kyste dermoïde, diagnostiqué d'ailleurs, adhérant fortement à la paroi abdominale. Elle contient environ 2,000 centimètres cubes d’un liquide trouble, verdâtre, de consistance épaisse. La paroi interne du kyste présente de longs poils et des saillies nombreuses. Les glandes rétro-péritonéales sont augmentées de volume et très indurées. On était, comme le microscope le vérifia, en présence d'un kyste dermoiïde de l'ovaire gauche, avec formation carcinomateuse et métastase péritonéale, intestinale, mésentérique et rétro-péritonéale. \
Examen microscopique. — Coupes Cole à l'hématoxyline et à l’acide picrique. — Toutes les préparations présentent de l’épithélium plat, à cellules assez fortes, placées l’une sur l’autre et contenant des noyaux vésiculeux. On distingue nettement la formation d’alvéoles présentant une rangée de cellules cylindriques, bordant la lumière de l’acinus et des cellules épineuses. Des formations perlées se montrent tantôt vers le centre, tantôt à la périphérie des alvéoles. La paroi interne du kyste dermoïde est recouverte de couches nombreuses de cellules épithéliales, supportées par un plan de fibres conjonctives, qui constituent toute l'épaisseur de la paroi kystique ; les cellules y sont rares, tandis qu’elles abondent dans les tissus des métastases glandulaires.
La paroi intestinale est infiltrée par les produits de nature carcinomateuse qui, à cet endroit, semblent pénétrer à travers la couche musculaire, et la sous-muqueuse atteignant même par endroits la muqueuse ; il est donc évident ici que la dégénérescence carcinomateuse vient du dehors et qu’elle a géné peu à peu le développement des glandes intestinales. L'examen microscopique démontre que l’on à affaire à un kyste dermoïde ayant subi la dégénérescence épithéliomateuse, par la paroi duquel s’est propagé aux organes voisins, sans formation ulcéreuse, mais par contiguité, le tissu néoplasique.
Les formations épithéliales, en se multipliant de plus en plus, produisent des prolongements crypliques qui s’enfoncent dans la paroi du kyste et y disséminent des nids épithéliaux qui donnent à cette paroi l'aspect carcinomateux, exactement comme les bourgeons proliférants du sein donnent lieu à l'épi-
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