IV. — Traitement.
Il nous semble qu'il ressort clairement de tout ceci, que le diagnostic, posé seul de l'existence d’un kyste dermoïde, suffit pour indiquer et commander même une intervention hâtive et radicale. Est-il possible d'hésiter et d'attendre alors que le pronostic peut s’assombrir d’un moment à l’autre et que la tumeur en question, bénigne actuellement, ou du moins considérée comme telle, peut devenir subitement maligne? Il en est des kystes dermoïdes comme des tumeurs bénignes du sein, et on doit les enlever comme elles. Du reste, bien d'autres considérations militent en faveur de ce traitement énergique et nous avons vu les graves accidents pouvant encore survenir, hémorragies, infection, suppuration, torsion du pédicule, rupture. Pour toutes ces raisons, il faut donc conseiller l’opération qui sera du reste d'autant plus facile, d'autant plus satisfaisante, qu'elle sera faite plus tôt, avant que le kyste ne soit adhérent aux organes voisins.
L'intervention devra être complète. Il ne peut plus ètre ques-
tion maintenant de traitements simplement pRinette tels que ponctions, injections irritantes..
Toute tumeur de l'ovaire, a dit Pad Fait doit être enlevée. On procédera donc, suivant les préceptes de la chirurgie moderne, à l’extirpation complète, et l’on fera l'ovariotomie, opération devenue courante et bénigne entre des mains expérimentées. La présence de quelques végétations néoplasiques à la surface du kyste ne doit pas contre-indiquer l'intervention et la transformer en une simple incision exploratrice. Dans les cas difficiles le chirurgien redoublera de précaution pour éviter la contamination opératoire, et veillera à protéger le mieux possible le péritoine, les organes voisins et la paroi abdominale; on a vu oblenir des succès, qui:doivent encourager à entrer dans cette voie de thérapeutique hardie, la seule d’ailleurs qui puisse sauver la malade.
Toutefois, il faut savoir que de cruels mécomptes peuvent. survenir, et qu'une récidive à marche galopante emporte de temps en lemps l'opérée en quelques jours. Hofmeier cite deux cas observés par lui où les malades succombèrent ainsi, l’une 17 jours, l’autre 25 jours après l’ovariotomie.
Dans le premier fait, on n'avait trouvé dans le péritoine, au moment de l'opération, aucune trace de généralisation et cependant à l’aulopsie la totalité de la séreuse était revètue d’une couche de carcinome haute d’un travers de doigt, tout l'épiploon était converti en une masse dure et épaisse, si bien qu’il paraissait impossible qu'on eût pu le trouver sain, quelques jours auparavant. Dans le second cas, 11 y avait déjà un commencement de métastase péritonéale au moment de l’opération. A ces observations malheureuses nous pouvons ajouter la nôtre, où la généralisation se fit aussi rapidement, et où la cachexie, par suile de l'envahissement des vaisseaux par le tissu cancéreux, fut complète en moins de deux mois.
Heureusement cêtte rapidité dans l’évolution des kystes dermoides dégénérés est l'exception et l’on tentera toujours l’ablation de ces tumeurs à moins que l’état local et la santé générale ne permettentqu'uneopérationincomplète et parconséquentdiseutable.