LEONE
le côlon ascendant. Les parois de ce dernier dans le territoire qui confine à la tumeur sont farcies de nodules de la grosseur d’une noix. Résection étendue de l'intestin. |
= Guérison. — La tumeur se présentait comme un kyste dermoïde avec des boucles de cheveux longs d’un pied. Les parois et le pédicule étaient infiltrés par des nodosités qui offraient toutes le caractère de carcinome alvéolaire avec une substance fondamentale myxomateuse.
Point de renseignement sur l’autre ovaire.
O8s. XXIIL. — MERMET. — /n Bulletin de la Société Anatomique de Paris. 1896. — Kyste muco-dermoiîde de l'ovaire. — Aspect adénoïde el dégé-. nérescence carcinoide. :
Femme de 66 ans, opérée en ville par notre maïître M. Schwartz. Nous serons bref sur l’histoire de cette malade, n'ayant pu la suivre’ nousmême. «
Il s’agit d’une femme cachectique. à teinte terreuse dont les premiers accidents paraissent avoir été des phénomènes d'obstruction intestinale chronique et auraient débuté il y a un an environ. Depuis cette époque, les accidents sont allés progressivement en augmentant et il y à 6 mois est apparue une tumeur abdominale.
Actuellement celle-ci occupe toute la région .hypogastrique et iliaque gauche, bombant nettement à la vue et repoussant la paroi abdominale de ce côté ; cette tumeur est arrondie, irrégulière de surface, de consistance ferme et élastique, fluctuante en certains points. Au toucher on sent que cette masse fait saillie dans le cul-de-sac vaginal correspondant et qu’elle est manifestement développée aux dépens des annexes utérines gauches. La tumeur est douloureuse à l'exploration. Il existe aussi des douleurs spontanées vives et des accidents d’obstruction intestinale lente avec débâcle de temps à autre.
Le 22 avril 1896. Extirpation de la tumeur par la laparotomie. La tumeur a pris naissance au niveau de l'ovaire gauche ; elle est adhérente à l’épiploon, mais relativement assez pédiculée. On constate de plus qu'il existe au niveau de l’anse pelvienne du côlon, un peu au-dessous du promontoire, une tumeur annulaire, qu’on ne peut enlever et qu’on est obligé de laisser en place. Il n’existe pas d’ascite ni de propagation péritonéale de la tumeur, mais les ganglions du méso côlon pelvien sont envahis secondairement.
Examen de la tumeur. — Le néoplasme, développé manifestement aux dépens de l’ovaire gauche, a le volume d’une tête d'enfant de 10 ans. On constate qu'il est nettement bilobé.
La portion la plus interne de la masse, celle qui se trouvait sur la ligne médiane quand la poche kystique était en place, est formée par un kyste
du volume d’une orange, de coloration grisâtre à surface lisse et régulière. La paroi de ce kyste épaisse de 2 millimètres ayant été incisée, il en sort un liquide butyreux, au milieu duquel plonge une touffe de poils longs, soyeux et rares. Ceux-ci s’insèrent en différents points de la poche, en quelques bouquets rares. La surface interne du kyste offre un aspect à peu près lisse, légèrement plissé par endroit, de coloration blanc jaunâtre analogue à celle de l’épiderme macéré.
L'autre portion de la tumeur qui, située en dehors de la précédente, s’éle: vait au-dessus du détroit supérieur et occupait dans la grande cavité abdominale une situation obliquement ascendante à gauche, offre le volume des deux poingts à grand axe transvers!. Cette poche kystique offre une coloration gris rosé analogue à l’albuginée de l'ovaire. Sa surface externe est à peu près lisse dans les parties supérieures ; en avant et en arrière au contraire il existe surtout du côté externe des bosselures plus ou moins volumineuses qui correspondent à des subdivisions du kyste; à la partie inférieure le péritoine fait défaut et là se trouvait le pédicule du kyste dont l’un occupe une surface de 3 centimètres de côté. Sur la face externe de cette poche, on voit encore quelques cicatrices étoilées, radiées, analogues aux dépressions cutanées qui correspondent dans les néoplasmes du sein aux adhérences de la tumeur à la peau de la mamelle.
La paroi du kyste a environ 2 millimètres d'épaisseur ; en arrière où elle est doublée par la tumeur qui adhère à la face interne on peut difficilement en apprécier l'épaisseur. La consistance de ce kyste est variable. En avant il est en un point manifestement fluctuant et se rompt même en ce point au moment de l'opération; il en sort un liquide jaunâtre, gélatineux, puriforme. Les portions postérieures de la tumeur sont résistantes, de consistance solide ; l’incision du kyste va justifier cette manière de voir.
A l’incision on trouve en effet une tumeur constituée par une poche centrale à laquelle sont annexés plusieurs kystes de moindre importance. La ‘ partie antérieure de la grande poche est libre et la surface interne en est à peu près régulière, quoique recouverte de blocs colloïdes et d’un détritus pulpeux. De la partie postéro-supérieure du kyste se détache une masse qui proémine dans la cavité et offre un volume un peu supérieur à celui du poing. Cette masse a une surface externe adhérente à l'enveloppe du kyste, sa surface interne est irrégulière, recouverte d’un magma gris rougeûtre, granuleux par endroit, légèrement visqueux dans d’autres ; un courant d’eau peut difficilement les détacher; on voit qu'il se continue insensiblement avec le néoplasme lui-même, qu'il n’est pas un produit de sécrétion, mais bien de dégénérescence. La consistance de cette tumeur est molle, elle rappelle celle de l’encéphaloïde dans les parties les plus consistantes ; dans les plus internes au contraire, en voie de ramollissement, le doigt peut pénétrer facilement. A la longue, la surface de section est.criblée de petites dépressions de tailles les plus diverses qui correspondent à des microkystes
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divisés par le couteau et desquelles font souvent saillie sur les coupes de petits blocs gélatineux, colloïdes ; dans les parties internes, là où la tumeur est en dégénérescence, la cohésion des éléments constituants est plus grande, la masse n’est plus criblée à l'œil nu, mais compacte, toute entière solide. La coloration de la surface de coupe est gris rosé, couleur saumon ; à la partie moyenne et en avant, on trouve les traces d’hémorragies en voie de régression qui se sont faites au sein de la tumeur; le tissu de celles-ci a toutes les colorations des épanchements sanguins en modifications ; rougeâtre, jaune verdâtre, etc. Le processus hémorragique semble avoir eu lieu sur toute la partie antérieure du kysté, au niveau de la zone dégénérée de la tumeur; nous verrons plus loin sur les coupes histologiques la cause de ces ‘infiltrations sanguines. La surface de section donne au raclage un liquide grumeleux, gris rose, abondant et miscible en partie à l’eau ; les petits kystes noel à la poche principale donnent à € coupe un liquide gélatineux, brunâtre, visqueux et filant.
Examen histologique. — La masse postérieure, néoplasique, saillante dans la cavité kystique, est celle qui a sollicité nos recherches histologiques ; nous avons laissé l'examen du kyste dermoïde sans intérêt microscopique apparent. . Cette masse centrale intra-kystique correspond à une énorme prolifération pariétale, ayant subi divèrses altérations. Elle répond au type décrit par Waldeyer sous le nom de kyste proliférant, glandulaire de l'ovaire ; elle en diffère cependant par quelques points complémentaires. À un faible grossissement (obj. 20 occ. 1, Vérick) les coupes ont l’apparence de tissu
glandulaire ; on y trouve un tissu cellulaire délicat, criblé d’oritices ou d’alvéoles arrondis, réguliers, de dimensions les plus variables ; les plus petits ont quelques dixièmes de millimètre de diamètre, les moyens qui sont en plus grand nombre ont un à un millimètre et demi, les plus gros sauf deux ou trois dépassent à peine un centimètre. On voit en somme qu'il y a toutes les transitions entre les plus fines dilatations kystiques et les cavités les plus considérables comme la poche principale. Les alvéoles sont en outre si serrées les unes contre les autres que les espaces interstitiels apparaissent en certains points comme accessoires sur ces Coupes et qu'on dirait une fine dentelle dont les mailles seraient en partie remplies par des produits que nous étudierons plus loin. La paroi de ces cavités se continue de plus sans transition avec le tissu Cellulaire ambiant; à la surface interne de celle-ci se trouve un épithélium que nous décrirons tout à l'heure.
Dans une certaine zone de la pièce, la plus antérieure, celle par conséquent qui baigne dans le contenu de la poche principale, cet aspect cribriforme, adénomateux disparaît; on constate que cette portion est formée par les produits de sécrétion et de dégénérescence de l’épithélium glandulaire d’un vaste kyste uniloculaire peu végétant. Ces produits se colorent faiblement par les réactifs, ont l'apparence, tantôt de matière colloïde, tantôt de débris cellulaires en voie de dégénérescence muqueuse et granulo-grais-
seuse, au milieu desquels on distingue encore des noyaux plus ou moins bien conservés et dissociés. Càet là dans la masse, on reconnait des éléments embryonnaires groupés autour de vaisseaux sanguins très délicats,
bourrés de globules rouges et points de départ des épanchements sanguins qui colorent la masse intrakystique, et lui donnent la teinte saumon que nous avons signalée. Le
Un plus fort grossissement (obj. 6, occ. 2 Vérick) permet de mieux nous rendre compte des lésions.
Dans les points à aspect adénoïde ou adénomateux, on retrouve les glandes si bien décrites par Waldeyer, de Sinéty, Malassez et Poupinel. Nous décrirons successivement les formations glandulaires, le stroma et ses dépendances.
Les formations glandulaires ou mieux pseudo-glandulaires ont, comme parois, une couche conjonctive et une couche épithéliale. La première est formée de cellules plates, tenues les unes contre les autres en rangs serrés, applaties parallèlement à la surface libre des kystes ; nous n’avons pas retrouvé à la surface de cette couche, l'apparence d'un endothélium sousépithélial décrit par quelques auteurs ; ce que nous avons vu souvent, c’est que la rangée la plus interne des cellules connectives se tasse davantage et que les cellules qui la composent prennent alors vaguement l'aspect d’un endothélium. La couche épithéliale ou centrale est dans la plupart des points séparée de la précédente par un espace vide; cela est dû, sans doute, au séjour de la pièce dans les alcools, ét à la rétraction plus grande du contenu des kystes. Sur ces petites formations adénoïdes la couche épithéliale est plane et uniformément étalée ; sur les gros kystes, elle dessine des replis élégants, mais peu élevés dans l’épaisseur desquels la couche conjonctive sous-jacente s’invagine. L'épithélium est constitué dans la plupart des cavités par une couche unique ou double, de cellules polygonales, un peu plus hautes que larges, à gros noyau ovalaire, allongé perpendiculairement à la surface libre, plus ‘rapproché de la base des cellules que de leur sommet et pourvu de granulations chromatiques abondantes. Nombre de cellules sont transformées en véritables kystes contenant une boule de mucine. A la surface de l’épithélium, on voit des granulations mucipares issues des cellules, formant par endroits un vrai réticulum. Dans d’autres cavités kystiques, surtout dans celles pourvues de végétations, dans les plus grandes par conséquent, l’épithélium est cylindrique, tantôt,en une seule . couche, tantôt en plusieurs assises ; ilin’existe ni cils vibratiles, ni plateau à la surface de ces cellules. C’est surtout dans les poches où l’épithélium est cylindrique que les cellules ont subi la dégénérescence mucoïde. Enfin, dans quelques cavités kystiques, on trouve un épithélium presque pavimenteux stratifié. On voit en somme qu'il existe toutes les variétés d’épithélium dans ces formations glandulaires; ce polymorphisme est d’ailleurs fréquent et bien connu.