CHAPITRE PREMIER
Considérations courtes sur les kystes dermoïdes en général.
Distinction entre les kystes dermoides génitaux et les kystes dermoïdes extra-génitaux.
Les productions kystiques dont les parois possèdent la structure du tégument externe et que l’on a appelées de ce fait, kystes dermoïdes, ont été observées en maints endroits du corps. Particulièrement fréquents à la queue du sourcil, et au niveau du cou, ces kystes se rencontrent encore dans le naso-pharynx,
à la base du crâne, à l’orcille, dans le thorax, dans la cavité abdominale, sur les organes génitaux.
Leur pathogénie, qui paraît varier suivant la région où on les trouve, présente ce fait capital et commun à la plupart d’entre eux, c'est qu'ils empruntent leurs éléments constitutifs à des organes ou reliquats d'organes situés dans leur voisinage immédiat. Aussi Verneuil expliquait-il, dès 1855, la formation des kystes de la queue du sourcil et de l'oreille par un simple enclavement cutané et, généralisant cette idée, trouvait-on, dans la suite, que ces kystes de la base du eràne et du naso-pharynx : sont en rapport étroit avec le développement de la cavité buccale, ou avec l'involution de l'hypophyse, que ceux développés au niveau du cou résultent de l’occlusion anormale des sillons branchiaux. On raltachait de même les kystes du thorax aux formations épithéliales dépendant du thymus et du corps thy- . roïde et les dermoïdes de l'abdomen trouvaient une explication dans l’enclavement embryonnaire d’une membrane épithéliale le parovarium pour les kystes du ligament large, le corps de Wolff pour les kystes lombaires. :
Ce caractère fondamental ne paraît pas se retrouver dans les
kystes dermoides des organes génitaux, dits aussi Teratomes des glandes sexuelles, qui présentent d’ailleurs d’autres particudars tés distinctives, nécessilant, aux yeux de certains auteurs, une séparation complète d'avec les premiers.
En eflet, tandis que les kystes extra-génitaux ont une structure simple et ne renferment que des produits de l'ectoderme, les kystes génitaux possèdent à leur intérieur des tissus complexes dérivés des trois feuillets blastodermiques ; tandis que les premiers ont un siège des plus variables, pouvant être rencontrés dans tous les points Carpe: non loin de la peau, les seconds ne se montrent qu’au niveau ou dans le FO IGES immédiat de la glande sexuelle femelle.
Les kystes notes simples que l’on pourrait nommer #0n0dermiques se présentent sous forme de kystes uniloculaires le plus souvent, de pelit volume. Leur contenu variable, est tantôt de la matière sébacée, tanlôl un liquide séreux, parfois huileux ; dans certains cas, le liquide est limpide comme de l’eau de roche, dans d’autres observations le contenu a subi une ealcification complète.
La paroi de ces kystes est surtout intéressante. Ne dépassant pas six millimètres d'épaisseur, elle nous présente plusieurs couches distinctes, qui sont, en allant de l'extérieur vers l'intéricur du kyste, une coque fibreuse résistante, un pannicule adipeux plus ou moins développé, un derme analogue à celui : de la peau et une couche épidermique subissant l'évolution cornée. Cetle couche épidermique ne diffère de celle de la peau que par la pelitesse relative de ses éléments (es et par le peu d'épaisseur des couches à eléidine.
L'épiderme et le derme sont séparés l’un de l’autre par une membrane basale rectiligne ou parfois faiblement ondulée ; on n'y trouve pas de papilles, ou s’il en existe, c'est en général une ou deux grossess papilles recouvertes d’une touffe de poils. Cette . absence de papilles multiples, cette membrane basale rectiligne ne constituent pas une différence avec lerevêètement cutané, car ilexiste de nombreuses parties de notre organisme où la membrane basale est planiforme (Renaut).