‹ Des Kystes Dermoides De L'Ovaire Et De Leur Dégénérescence MaligneChapitre 9 sur 24 · MIS · texte numérisé non relu

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nous paraît ingénieuse, satisfaisante même pour l’esprit, et, basée comme elle l’est sur des recherches d'une grande valeur scientifique, elle mérite qu'on s'y arrête et qu'on l’étudie davantage. Des recherches ultérieures, faites en s'entourant de toutes les garanties en montreront toute la valeur.

En terminant ce premier chapitre, nous indiquerons au sujet de la pathogénie de ces tumeurs tridermiques que les connais sances nouvelles, récemment acquises sur leur structure, semblent devoir limiter le nombre si considérable des théories qui prétendaient expliquer leur formation. Aujourd’hui leur origine congénitale ne fait plus doute pour personne. Leur présence ayant été constatée chez l'enfant, il serait malaisé d’en faire le produit d’une grossesse extra-utérine. Les anciennes théories de la diplogenèse par inclusion fœtale d'Is. G. Saint-Hilaire, de l'hétérotopie plastique, imaginée par Lebert, ne peuvent fournir d'explication plausible. L'ancienne opinion de Virchow et de Conheim qui faisaient dériver les kystes dermoïdes de cellules indifférentes, endormies et se réveillant tout à coup, ne peut nous contenter davantage et il semble que la théorie plus récente de la cellule nodale de Bard, ne doit nous intéresser longuement, tant est hypothétique l’idée de faire de tout kyste dermoiïde un dérivé de l’une des cellules ancestrales de l’ectoblaste. La théorie de l’enclavement de Verneuil, modifiée par Lannelongue, paraît certes plus rationnelle et nous comprenons qu'elle ait rallié les suffrages de la plupart des auteurs. On peut admettre en effet que des éléments divers, déplacés, qui dans l'embryon normal sont aptes à produire, par différenciations successives, des dents, des os, de la substance nerveuse... etc., ete., pourront dans la production anormale rencontrer des conditions particulières, évoluer en tissus variés et aboutir au développement d'un kyste dermoïde de l'ovaire, renfermant des produits complexes.

Il nous semble pourtant que la théorie de l’origine parthénogénétique, pressentie par Waldeyer et défendue par Mathias Duval et par Répin concorde davantage avec les observations nouvelles. D'ailleurs ces tumeurs tridermiques étant particu-

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Bières aux organes génitaux, il est évident que l'élément sexuel doit jouer dans leur genèse un rôle capital. Comme, de plus, il ne saurait être question, dans de nombreux cas, de faire inter-. venir la fécondation, nous devons admettre un processus qui, sans fécondation préalable. donne naissance à un être nouveau : or, C’est là la définition même de ce que l’on décrit sous le nom de parthénogenèse. Le fait de la segmentation d’un tissu sans fécondation, qui paraît à première vue lrès surprenant, n’est pas une pure conception de l'esprit ; il existe réellement dans l'espèce humaine et a été signalé chez la femme en 1864 par Morel, de Strasbourg ; dans la suite, Steinlin a observé dans des ovules non fécondés des stades plus avancés du développement.

.. Mathias Duval a de même constaté la segmentation dans P œuf de poule, sans fécondation et la A des deux feuillets primitifs ; d’autres auteurs l’ont reconnu chez les poissons et les mammifères. La segmentation de l’'ovule, sans l'intervention de l'élément mâle, peut donc donner lieu à la formation de cellules ie et produire des feuillets blastodermiques. Dèslors l'explication des kystes dermoiïdes devient facile ; 11 suffit d’admettre une différenciation plus complète des trois feuillets, pour aboutir à la formation du véritable monstre qu'est l’embryome ovarien.

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