‹ Des Kystes Dermoïdes de l'Ovaire: Ouverts dans la VessieChapitre 20 sur 24 · PR PONT RUN · texte numérisé non relu

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Le DA

nion reçoit une confirmation très nette de ce fait que cliniquement les kystes qui s'ouvrent dans la vessie sont toujours accompagnés à un inoment quelconque de leur évolution, de phénomènes péritonéaux plus ou moins aigus, se traduisant par des poussées douloureuses, de l'élévation de la température et des vomissements. I] reste à déterminer l’origine de cette infection.

On sait que l'on à beaucoup discuté l'origine de cette dernière. Nous n'entrerons pas dans la discussion des civerses espèces microbiennes susceptibles de venir infecter un kyste ovarien, et nous nous contenterons d’étudier les voies d'introduction des microbes. La voie intestinale a été suspectée par quelques auteurs. Blaud et Suton ont mis en cause, dans la suppuration du kyste, le rôle des inflammations de l'S iliaque et de l'appendice iléo-cæcal. Clado a expliqué cette infection en montrant la présence, dans le ligament appendiculo-ovarien, de lymphatiques faisant communiquer l'appendice avec l'ovaire. Mais la voie intestinale est absolument exceponnelle. Les kystes dermoïdes de l'ovaire s'infectent le plus ordinairement, soit par la voie génitale, soit par la voie sanguine.

La voie génitale apparaît, à l'heure actuelle, devoir être de beaucoup la plus fréquente. L'infection ascendante peut se produire, soit au cours de la puerpéralté, soit par le fait d’une endométrite ou d'une salpingite à gonocoque. L'infection des kystes dermoïdes, pendant la grossesse el surtout à la suite de l'accouchement, est très fréquente. Sur 18 observations de kystes dermoïdes in-

fectés qu'a rassemblés Goruschine, 10 fois il s'agissait de

suppuralions consécutives à la puerpéralité ; dans 4

des observations de Roy, observations que nous rapportons nous-même, il s'agissait à peu près sûrement d'une infection post-partum. Du reste, ainsi que le fait remarquer Bouilly (La gynécologie, 1896), il est assez difficile de savoir si cette infection post-partum sé fait par voie tubaire, par voie sanguine ou par voie lymphatique. Le rôle de l'infection ascendante semble néanmoins devoir être prédominant.

Enfin, on connaît un certain nombre d’auto-infections par voie hématogène. Dans le cours de certaines maladies infectieuses, notamment les infections pyohémiques, la grippe, la pneumonie, la fièvre typhoïde, les microbes, sont susceptibles de venir se cultiver dans le lieu de moindre résistance que constitue le kyste dermoïde, au même titre que tout organe qui est le siège d'une production pathologique et d'y déterminer la suppuraüon. L'état général de la malade détermine un état de réceplüivité particulier et constitue une cause prédisposante de premier ordre. On trouve cité partout le cas classique de Werth qui, à la suite d’une fièvre typhoïde, enleva un kyste dermoïde de l'ovaire gauche et y trouva un pus clair, dans lequel il existait des bacilles typhiques, qu'il fut possible de cultiver.

Ainsi l'infection apparaît comme la cause principale de la migration des kystes dermoïdes dans la cavité vésicale. Il n'en reste pas moins vrai que dans beaucoup de cas, les kystes dermoïdes peuvent s'ouvrir à ce niveau, sans quil soit possible de relever antérieurement une cause quelconque, à laquelle on puisse attribuer cette migration. Certains auteurs ont ainsi admis la migration spontanée des kystes par la suite de l'intervention

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d'agents chimiques. Cette hypothèse est, à l'heure actuelle, madmissible avec ce que nous savons du mécanisme des processus généraux de l'organisme. On sait combien est fréquente la présence de lésions bacillaires au niveau des organes génitaux de la femme. Dans ces dernières années, on a établi, d’une facon indiscutable, l'origine annexielle d’un grand nombre de péritonites tuberculeuses. Il n’est pas illogique d'admettre, a priori, qu'un certain nombre de kystes dermoïdes de l'ovaire, puissent être atteints secondairement de lésions tuberculeuses plus ou moins typiques et que ce soient ces dernières qui déterminent les adhérences et les migrations intraviscérales de ces formations. Il serait à souhaiter que les examens histologiques soient pratiqués dans ces condiuons, dans le but de déterminer l’origine du processus adhésif dont, a priori, l'origine échappe et dont l'évolution sans phénomènes péritonéaux bien manifestes, permet de suspecter l'origine bacillaire.

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