‹ Des Kystes du Canal Thyro-Lingual: Contribution à l'Étude des Affections Congénitales de la Langue et du CouChapitre 19 sur 30 · HD TES · texte numérisé non relu

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permit de conclure que l’extirpation avait été aussi complète que possible.

Quant à la nature du tissu, le microscope révéla que le trajet était recouvert d'un épithélium cylindrique à cils vibratiles ; à la suite de cette opération, le pourtour de la peau bourgeonna, mais on vit bientôt apparaître, au milieu de la cicatrice circulaire, la même surface rose, tomenteuse et chagrinée, qui s’humectait du liquide que la famille du jeune malade reconnut bien. Il était acquis dès lors que, malgré son étendue et sa profondeur, la première ablation n’avait eu d’autre résultat que de confirmer le caractère rebelle de ces kystes congénitaux du cou.

Le 3 octobre 1868, M. Houel fit une deuxième tentative. Une large incision circonscrivit en haut et en bas les limites de la tumeur et en commença l’ablation. Mais le fond était très mince, le tissu très friable, et ce ne fut que par parties que le kyste fut encore une fois enlevé. La situation entre le menton et le sternum qui se rapprochaient et rétrécissaient le champ de la manœuvre opératoire, l’indocilité de l’enfant, malgré son anesthésie par le chloroforme, rendaient l’opération difficile, et un mouvement brusque pouvait pousser linstrument vers le larynx. Une plaquette de pâte de Canquoin fut appliquée sur la plaie et maintenue douze heures. L'enfant repartit en province le lendemain.

Quand il revient à Paris, le 15 octobre 1868, à la consultation de M. Houel, l’eschare est tombée et la plaie présente l’aspect suivant : une masse de bourgeons charnus occupe la partie supérieure et latérale droite de l’ulcère; mais au-dessous, un cul-de-sac infundibulaire assez profond apparaît avec la coloration tomenteuse et rose du kyste primitif. Le liquide filant continue à sourdre, avec les caractères si souvent constatés auparavant. La poussée inflammatoire rend encore (douze jours après l’o-

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pération) les mouvements de déglutition un peu pénibles, mais l’enfant est, il faut le dire, très douillet.

M. Houel applique une petite plaquette de pâte de Canquoin, que l’on maintiendra pendant environ douze heures. À la suite de ces cautérisations, la plaie se cicatrisa et l’on put croire l’enfant quéri. Lorsque le 30 juin 1869, c’est-à-dire huit mois après l’opération, M. Houel reçut une lettre qui lui annonçait qu’un gonflement était de nouveau apparu dans la région sus-hyoïdienne ; la fistule s’est reproduite de nouveau, et il est probable que le jeune enfant la porte encore aujourd’hui.

OgsEnvaTION XVI

Tapret. Observation II de la thèse de V. Affre, Des kystes thyro-hyoïdiens, Paris, 1875, no 373.

Une petite fille, âgée de cinq ans et demi, est amenée par sa mère à la consultation de l’hospice des Incurables (Ivry), pour une grosseur située dans la région thyrohyoïdienne, incolore et du volume d’une noisette.

Lorsque, il y a deux mois, la mère s’en aperçut, la tumeur était extrêmement petite, du volume d’un très petit pois. La mère ne peut donner d’autres renseignements sur le début de la tumeur.

La situation de cette tumeur entre l’os hyoïde et le cartilage thyroïde (membrane thyro-hyoïdienne) et sur la ligne médiane, sa consistance kystique, nous font immédiatement songer à la grenouillette sous-hyoïdienne de Nélaton. Elle n’est point adhérente à la peau; elle ne suit pas le larynx dans ses mouvements, et lorsqu'on cherche à la déplacer, on sent qu’elle est fixée profondément par quelque prolongement; elle ne fait aucune saillie sur

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le plancher de la bouche. Des badigeonnages de teinture d’iode sont prescrits.

Quinze jours après, la tumeur n’a point changé : cependant la mère de l'enfant a cru remarquer que la grosseur paraît augmenter de volume à certains moments, principalement après les repas.

Il est en effet facile de s’assurer que la tumeur grossit et durcit sensiblement quand on provoque une production de salive abondante pendant un certain temps. La tumeur, dans l'intervalle des repas, diminuait de volume et de consistance.

Peu à peu, la peau rougit, s’amincit sous l'influence de la teinture d’iode, et l’ouverture spontanée du kyste laisse échapper un liquide légèrement opalin et filant, La tumeur s’affaise complètement, mais un petit trajet fistuleux est créé (Si un travail analoque a eu lieu en même temps ou précédemment, du côté de la bouche, rien n’a pu le faire soupçonner.)

Un stylet pénètre à près de trois centimètres de profondeur et prend une direction obliquement ascendante vers la face inférieure de la base de la langue, au niveau de l’épiglotte. On ne sent pas l'extrémité du stylet sur le plancher de la bouche, exploration rendue difficile et incomplète par Les eflorts de vomissements faits par Fenfant. Il ne paraît pas exister plusieurs diverücules.

Dans l'intervalle des repas, l’orifice fistuleux laisse suinter un liquide muco-purulent en très petite quantité ; et pendant la mastication, l'écoulement est manifestement augmenté. L’examen chimique du liquide n’a pas été fait.

Des cautérisations à la teinture d’iode répétées deux fois par jour n’amènent aucune modification du trajet fistuleux.

Un petit bourgeon charnu faisant saillie à l’extérieur fut excisé et examiné au collège de France : On y trouva

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