MARCHE, PRONOSTIC
L'évolution de ces kystes est d'ordinaire très lente, et la seule particularité que l’on doive signaler en dehors de leur augmentation progressive de volume, est leur inflammation possible. Ceux de la langue surtout, exposés à des froissements continuels par suite de la mastication des aliments solides et de leur déglutition, se transforment assez souvent en collections purulentes. Les fréquents mouvements d’ascension du larynx, les frottements répétés des vêtements, exposent à la même complication ceux de la région sous-hyoïdienne.
Cette inflammation de la poche kystique peut être aussi le résultat d’une intervention intempestive (badigeonnages avec de la teinture d’iode ou tout autre liquide irritant, onctions avec les diverses pommades dites résolutives), ou pratiquée dans des conditions défectueuses de propreté (ponction ou incision avec un instrument non aseptisé).
Une fois enflammé, le kyste ne tarde pas à s'ouvrir au
UE
dehors, devenant ainsi le siège de fistules intarissables, Aussi est-ce pour s’en débarrasser que le malade réclame les secours d’une chirurgie radicale à laquelle il avait souvent refusé de se soumettre jusque-là. Ces fistules que Von considéra longtemps comme primitives, les attribuant à une persistance des fentes branchiales, ne sont qu'une étape dans l’évolution des kystes que nous étudions, et pour cette raison, mériteraient de nous arrêter quelques instants. Mais leur étude a été trop bien et trop complètement faite par M. le D'F, Buscarlet, et Mlle Marie Sulicka, dans des travaux absolument récents, pour qu'il nous soit possible d'écrire un chapitre nouveau à leur sujet.
Donc, difformité de plus en plus apparente, gêne plus ou moins considérable, menace permanente de suppuration et de fistulisation, tels sont les inconvénients de ces kystes. Si l’on y ajoute la difficulté parfois grande de les extrper complètement, chose indispensable pour éviter toute récidive ou toute complication, on aura le tableau à peu près complet des ennuis réservés à ceux qui en sont atteints. Hâtons-nous d'ajouter, cependant, qu'il est toujours possible au chirurgien de les éviter ou de les
faire disparaître.