‹ Des Kystes EntéroïdesChapitre 11 sur 41 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Dans le courant de ce travail, nous avons considéré jusqu ici les kystes entéroïdes comme des dérivés aberrants du canal omphalo-mésentérique très analogues au diverticule de Meckel. C’est en effet l’opinion qui, sur ce point, a été soutenue par Roth, Runkel, Colmers, Terrier et Lecène, Forgue et Riche, et qui semble de beaucoup la plus vraisemblable. Terrier el Lecène font cependant quelques réserves pour cerlains kystes intra-mésentériques qui pourraient provenir du pincement latéral d’une anse intestinale dans le cours du développement intra-utérin. Nous verrons que cette hypothèse pathogénique mérite d’être prise en considération pour cerlains cas : ces cas sont d’ailleurs assez rares et presque toujours c'est la théorie de l'involution anormale du canal omphalo-mésentérique qui doit être considérée comme la plus plausible.

D'après la division des entérokystomes que nous avons adoptée, voici quelle serait la pathogénie de chaque variété :

1° Kystes juxta-ombilicaux : origine omphalo-mésentérique ;

2° Kystes juxta-intestinaux du bord libre : origine omphalo-mésentérique.

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3° Kystes juxta-intestinaux intra-mésentériques : les uns, origine omphalo-mésentérique, les autres, origine discutée.

Voyons d’abord comment on peut expliquer la formation des kystes juxta-ombilicaux, et des entérokystomes du bord libre.

Chez l'embryon de quelques jours, la vésicule ombilicale est une dépendance du canal intestinal avec lequel elle communique d'abord très largement: son volume est alors considérable. Puis, au cours du développement de l'embryon, le pédicule de la vésicule ombilicale se rétrécit et s’allonge tandis que la vésicule elle-même diminue graduellement de volume. Sur un embryon de 21 jours environ, la vésicule est rattachée à l'intestin par un canal court et large qui, vers la fin de la 4° semaine, devient mince et flexueux ; bientôt le cordon ombilical se constitue par l'union du canal omphalo-mésentérique avecles vaisseaux ombilicaux. Aù trente-cinquième jour le cordon s’est encore allongé : il renferme dans sa gaine les vaisseaux ombilicaux, le canal vitellin accompagné des vaisseaux omphalo-mésentériques et l’anse vitelline qui fait saillie hors de l’abdomen. Au cinquantième jour, on ne voit plus dans l'épaisseur du cordon,en plus des vaisseaux omphalo-mésentériques,qu’un petit filament grisâtre. Ensuite l’anse vitelline rentre dans la cavité abdominale, par suite de l'achèvement des parois ventrales. D’après Allen, ce retrait de l’anse vitelline tire sur le conduit vitellin qui se brise probablement et est ensuile résorbé. Le fait essentiel est qu'il disparaît presque complètement dans le cours dela vie intra-utérine, de sorte que chez le fœtus à lerme, il n'existe, en règle générale,

aucun reste omphalo-mésentérique autre que la vésicule ombilicale, atrophiée et située en dehors de la périphérie du placenta. En effet, les vaisseaux omphalo-mésentériques ont disparu et le canal vitellin s’est oblitéré vers le quarantième jour.

H faut noter cependant que, d’après Ruge, on pourrait

trouver assez souvent chez des nouveau-nés des restes du

canal omphalo-mésentérique sous la forme de flaments

flottants aux extrémités arrondies; ces restes se rencontrent soit au voisinage du mésentère, soit près de l'ombilic. Ne sont-ce point là les régions où nous trouverons les entérokystomes ?

Cette involution du canal omphalo-mésentérique peut présenter diverses anomalies, et ce sont elles qui produiront les malformations diverses d’origine vitelline dont font partie les kystes entéroïdes.

Tantôt il s’agit d'involution excessive (fails exceptionnels\ : il existe alors une sténose ou une atrésie intestinale coexistant ou non avec les restes d’un diverticule de Meckel.

Beaucoup plus souvent il s’agit d'une involulion incomplete. et alors, selon les cas, nous aurons plusieurs lypes anatomiques, bien décrits par Forgue et Riche.

1° Divertieule ouvert: la communication persiste entre l'intestin et l'ombilic, sous la forme d’un canal complet (fistule ombilicale) :

.2° Divertieule firé à l'ombilic: le diverticule communique largement avec l'intestin, mais s'oblitère près de l'ombilic, de sorte que son «extrémité antérieure est reliée

à l'ombilie par un cordon fibreux ;

3° Diverticule de Meckel commun. cul-de-sac entéroïde en rapport avec l'intestin, sans rapport avec lombilic, et de longueur variable.

4° Entérokystome juxta-intestinal: \a parte du canal omphalo-mésentérique attachée à l'intestin persiste seule, mais elle s’est enkystée: {ous les intermédiaires entre l'entérokystome clos et le diverticule largement ouvert peuvent être réalisés : et de fait il est certaines observations qu’on hésite à ranger dans un groupe ou dans un autre, en se basant uniquement sur l’étroitesse et la disposition du pertuis qui relie l'intestin à la cavité. (D'après leur conception personnelle des kystes, les auteurs les admettent comme kystes entéroïdes ou les rejettent.)

5° Entérokystome juxta-ombilical. — C'est la partie ombilicale et non la partie intestinale, qui a persisté el qui est devenue kystique. Macroscopiquement c’est un kyste de l’ombilic; histologiquement c'est un kyste entéroïde. Cette variété est plus rare (4 observations).

Nous ne parlerons pas ici des tumeurs solides ombilicales externes ayant leur origine dans le conduit omphalo mésentérique el dont la structure trahit parfois nettement cetle origine (granulomes à type intestinal avec glandes de Lieberkühn, de Gauckler et Mabhar).

La pathogénie des kystes juxta-ombilicaux et des kystes du bord libre est donc fort simple; pour ce qui est des kystes du bord mésentérique, cette explication ne peut être adoptée sans réserve. Terrier et Lecène pensent qu'il s’agit là de pincemeut ou d’enclavement de la muqueuse intestinale dans le cours de la vie intra-utérine, pathogénie analogue à celle des kystes dermoïdes. Il est certain que

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