ÉTUDE CLINIQUE
Symptômes. — Les symptômes propres aux kystes intestinaux non compliqués sont des plus obscurs et même des plus incertains : en effet, de tels kystes, siégeant surtout au bord libre de l'intestin, n occasionnent aucun rétrécissement de la lumière du conduit digestif et, par suite, produisent peu de troubles fonctionnels : d'autre part, leur faible volume, ainsi que leur siège dans une région où ils peuvent facilement refouler les organes abdominaux, font que les signes physiques en sont en général vagues ou mêmes nuls. Il en résulte done que la plupart des kystes entéroïdes ne se traduisent pas par des signes fonctionnels ni physiques bien nets et encore moins bien caractéristiques. On pourrail presque dire que l'histoire clinique des
entérokysiomes réside uniquement dans leurs complica-
lions. Et c'est pourquoi on ne saurait, dans leur étude,
dissocier l'histoire des complications de celle des Symptomes propres. En effet, en règle générale, pour qu'un kyste intestinal trahisse sa présence d’une manière quelconque, il faut qu'il y ait complication.
Cest dire que bien souvent leur symptomatologie est absolument nulle et que le kyste intestinal est une simple
trouvaille d'autopsie. Ou bien c'est à l'occasion d’une com-
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plication — presque toujours occlusion intestinale = que le kyste est découvert, non pas cliniquement, mais au cours de l'intervention ou à l’autopsie.
SIGNES FONCTIONNELS. — Néañmoins, il existe, assez souvent, des troubles divers qui sont, le plus souvent, des symptômes d’'obstrüction intestinale Subaiguë ou chronique él qui précèdent de longtemps parfois la complication bruyante et grave qui attire l'attention sur l'existence du kyste.
Ces troubles sont, le plus souvent, des douleurs abdominales Survenant par crises et remontant parfois à plusieurs années : c'est ainsi que, dans le cas de Gfelleï (Obs.38) l'enfant avait souffert de crises douloureuses depuis l'âge de 5 ans jusqu’à 12 ans, époque où elle fut opérée.Ces crises douloureuses sont, le plus souvent, totalement inexpliquées; on les attribue à de l’entérite ou on les considère comme des crises appendiculaires ; il est probable qu'elles sont causées par un léger degré d’obstruction intestinale d'ordre mécanique causée par le kyste (vice de position ou volvulus) et ne durant que quelques jours.
Ce qui rend plausible cette explication c'est que les crises douloureuses sont accompagnées de constipation et de vomissements abondants, parfois incoercibles qui en font vraiment de petites crises d’occlusion intestinale. Ces crises de vomissements et de douleurs peuvent se répéter à intervalles plus ou moins réguliers, pendant onze ans par exemple (cas de Sprengel).
Parfois ces crises de vomissements et dé constipation alternent avec des périodes de diarrhée (v. Dusch) ; par-
fois même il s’agit de diarrhée chronique sans phénomènes d'oclusion, comme dans le cas d’Anderson.
Ces troubles intestinaux ne vont pas sans un amaigrissement parfois très marqué (Colmers).
Beaucoup plus rarement existent d'autres symptômes qui attirent l'attention du côté du foie, tels que l'ictère et l'ascite. Ces deux symptômes ont été notés dans le cas de Battle : il s'agit d’une femme de 35 ans, qui avait été atteinte 8 ans auparavant d'ictère et d’ascite : l'ictère dura deux ans environ et disparut peu à peu, mais l’ascite persista pendant près de six ans: quand l'épanchement abdominal se fut résorbé, on put sentir la tumeur doni les dimensions ne dépassaient pas celles d'une orange et l'intervention montra qu'on avait affaire à un kyste intestinal. Dans le cas d’Anderson, il y avait eu des « crises biliaires » sur lesquelles l'auteur ne donne que peu de détails, mais qui coïncidaient avec de la diarrhée chronique.
Enfin, parfois le kyste intestinal peut se comporter comme une € tumeur abdominale » : c'est là l'exception.
La malade de Terrier et Lecène, âgée de 33 ans, souffrait depuis un an environ de douleurs abdominales et de troubles dyspeptiques sans crises d’occlusion ni d'obstruction intestinales d’ailleurs; en même temps, le ventre avait augmenté de volume et bientôt le liquide ascitique fut si abondant qu'on fut obligé de pratiquer une ponction qui relira 10 litres de sérosité. Cette ascite s’étant reproduite rapidement, la malade entra à l'hôpital où, après nouvelle ponclion on put sentir la tumeur, et où l’on fit le diagnostic de kyste de l'ovaire compliqué d'ascite.
Telle est la symptomatologie propre des kystes intesti-