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plication, soit en face d'un cas d'occlusion iutestinale ; de fait, dans aucune des observations publiées jusqu'ici, le diagnostic exact n’a été fait: et il ne semble pas qu'à l’avenir il en puisse être différemment, même pour un chirurgien prévenu de leur existence. Toutefois il est possible qu'en face d’une occlusion survenant chez un nouveau-né et siégeant au niveau de l’iléon, on puisse penser à la possibilité d'un entérokystome ; mais la rareté de ces tumeurs est telle que cette hypothèse ne devra venir à l'esprit qu'après bien d’autres, plus plausibles et ayant trait à des causes plus communes d'occlusion intestinale.
Ces kystes sont en effet fort rares, puisque nous n’avons pu en rassembler qu'une quarantaine d'observations recueillies pour la plupart dans la littérature allemande. Bien que des observations non contestables en aient été publiées dès 1813, 1834 et 1852 par Tiedemann, Houston et Raesfeld, c'est à Roth (1881) qu'on doit leur description anatomique et histologique, et c'est cet auteur qui a attiré l'attention sur leur origine congénitale, en rapport avec les restes du canal omphalo-mésentérique. Il existe en France un seul travail sur la question, celui de Terrier et Lecène (1904) qui ont donné une description et une classification de ces kystes, et les ont nettement différenciés des autres kystes juxta-intestinaux. Plus récemment, nous devons citer le mémoire de Colmers (1906).
Enfin, notre maître M. Broca, à l’occasion d'un cas observé et opéré par lui, nous a conseillé de reprendre l’histoire d'ensemble de ces kystes et a bien voulu nous
communiquer son observation inédite. Nous sommes heu-
A | eres: remerciements et de lui redire quel souvenir proton AE dément reconnaissant nous gardons de son accueil fi 1 bienveillant, de ses remarquables Ie cliniques et de HN. sé judicieux conseils.
reux, au début de ce travail, de lui adresser nos plus sin- ÿ |
ÉTIOLOGIE
Les kystes entéroïdes, tels que nous les avons définis, ne sont pas d'une très grande fréquence, surtout si l’on songe au nombre relativement élevé d’autopsies dans lesquelles (2 pour 100 autopsies), on peut constater des restes du diverticule de Meckel, c’est-à-dire au nombre de cas dans lesquels certaines conditions de production de ces kystes se trouvent partiellement réalisées. Toutefois, il est probable que leur fréquence réelle est beaucoup plus grande que celle qui apparaît d'après le petit nombre des cas publiés (nous n'avons pu en trouver, en compulsant la littérature française, allemande et anglaise, que 43 observations). En effet, la plupart des faits qui ont été publiés. concernent des cas ayant offert une symptomatologie plus ou moins en rapport avec l’existence et le siège du kyste, occlusion intestinale pour prendre l'exemple le plus fréquent. Dans un petit nombre de cas, il s'agit de trouvailles d'autopsie, encore existe-L1l, dans cel ordre defaits, bien des cas qui n'ont pas été publiés. D'autre part, étant donné qu’on examine rarement, aux aulopsies, l'intestin grêle systématiquement dans
toute sa longueur, il est probable que nombre de cas ont
passé complètement inaperçus. C’est pourquoi nous pensons qu'il ne faudrait pas inférer du petit nombre de cas publiés à la rareté réelle de.ces kystes, dont les traités classiques parlent à peine, et qui n'avaient fait l’objet d'aucun travail en France avant le mémoire de Terrier et Lecène.
Age. — Le fait essentiel et qui domine toute l'étiologie de ces kystes est leur congénitalité. Dans bien des cas,
“c'est seulement vers 30 ou 40 ans que le kyste a été découvert soit à l'opération soit à l'autopsie, mais ce fait n’est nullement un argument contre l’origine congénitale des entérokystomes, pas plus d'ailleurs que pour le rem polykystique, affection congénitale et qui pourtant, dans la plupart des cas, ne révèle son existence par des symptômes cliniques que vers la cinquantaine. Dans un cas comme dans l’autre, la lésion est demeurée latente pendant un temps plus ou moins long, et il semble bien que l'apparition des complications mécaniques qui révèlent l’existence des kystes intestinaux soit uniquement due au hasard, puisque souvent ces complications ont fait défaut d'une façon absolue, de sorte que l'affection est restée absolument latente.
Si donc, assez souvent, il s'agit d'adultes, il n’en est pas moins vrai que, beaucoup plus fréquemment, les kystes intestinaux sont découverts chez des enfants de 15, 13,10, 6,3 ans, et même chez des nouveau-nés. La proportion d'observations d’entérokystomes observés dès la naissance est d'ailleurs fort élevée, et nous devons même signaler ce fait que dans un cas encore unique (Hennig) le kyste entéroïde à pu être une cause de dystocie, tout comme
JAM, EVRES
l'ascite congénitale, l'hydronéphrose congénitale el le rein polykystique.
Ilest donc inutile de faire un tableau des âges auxquels ont été observés les kystes intestinaux : leur fréquence va en décroissant au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la naissance ; après 30 ans, ils deviennent rares mais existent encore (38 ans, Rimbach; 63 ans, Quensel).
Dans le cas inédit que nous tenons de M. Broca. il s’agissait, comme dans un grand nombre d'observations, d’un nouveau-né de six Jours.
Coexistence avec d'autres malformations congénitales. — C'est là un point très intéressant, fréquemment noté dans les observations, et dont le cas le plus généralement observé est, ainsi qu'on pouvait le concevoir a priori, la coexistence avec le diverticule de Meckel. Bien souvent, en effet, on observe à la fois un diverticule de Meckel plus ou moins bien développé accompagné soit à son extrémité soit dans son épaisseur ou dans son voisinage, d’un kyste juxta-intestinal complètement fermé, ou en connexion avec lui par un pédicule oblitéré.
Mais il existe d’autres malformations congénilales qui peuvent accompagner les kystes entéroïdes, et, tout d’abord, des kystes dérivant également du tube digestif, nous voulons parler des kystes en rapport avec l'estomac, — pour ne pas employer le terme de kystes de lestomac (1) — signalés dans la curieuse observation d’Anderson. Dans ce cas il existait des kystes multiples du tube
(1) Étant donné que, dans le fait auquel nous faisons allu-
sion ici, l'origine gastrique de ces kystes n'est pas histologiquement prouvée.