CHAPITRE IV
Anatomie pathologique
Le volume du kyste hydatique du corps thyroïde est, en général, peu considérable. C’est dans le lobe droit qu'il siège le plus fréquemment ; ensuite vient listhme, puis le lobe gauche. Dans le cas de Ferrant, les deux lobes étaient le siège de deux tumeurs distinctes.
La tumeur est la plupart du temps unique. Cependant, outre le cas de Ferrant, 1l y a encore d’autres cas de kystes multiples (Obs. de Henle, de Albers). La poche ordinairement uniloculaire peut être plus rarement multiloculaire.
La structure de la poche est celle de tous les kystes hydatiques, c'est-à-dire se compose d’une membrane externe adventice formée aux dépens du corps thyroïde et d’une membrane interne, germinative ou proligère due au développement de lembryon exachante. Le liquide contenu dans la poche a les caractères connus du liquide hydatique.
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Il est clair comme de l’eau de roche et présente une saveur particulièrement salée, comme nous l'apprend la désagréable expérience qu’en ont acquise involontairement Meinert et M. Ie professeur Jaboulay. nu |
En outre, ce liquide contient, comme d'habitude, des vésicules filles et de nombreux crochets.
Le tissu thyroïdien est tantôt normal, tantôt atrophié et devenu comme fibreux. Albers dit « avoir trouvé 1ésistant et presque fibreux le parenchyme thyroïdien qui séparait les hydatides les unes des autres ». Souvent, lorsque le kyste est un peu volumineux, le kyste glandulaire refoulé excentriquement s’atrophie au point de ne plus former autour du kyste qu’une mince lame de tissu densifié à peine reconnaissable.
Cette transformation fibreuse du tissu thyroïdien autour du kyste hydatique explique la solidité des adhérences unissant l’adventice du kyste à la glande ambiante.Ces adhérences, comme nousle dirons plus loin, compliquent l'opération et rendent parfois laborieuse l’extirpation totale du kyste, y compris sa tunique adventice.
La transformation purulente du kyste a été observée plusieurs fois, ainsi que la présence de quelques exsudats hémorrhagiques (Ferrant).
En se développant,la tumeur hydatique comprime les organes environnants; celui qui est le plus souvent comprimé est la trachée; cet aplatissement. du conduit trachéal est signalé dans les observations de Gooch, de Ferrant; il était très accusé chez le malade
de M. Jaboulay; souvent les anneaux cartilagineux sont ramollis. Enfin, dans l'observation de Gooch, le kyste avait perforé la trachée et s’ouvrit dans ce conduit. |
« Alors que les kystes simples du corps thyroïde, dit Henle (1), compriment simplement les organes voisins, le kyste hydatique a cela de commun avec les tumeurs très malignes qu'il les envahit ».
Les vaisseaux et les nerfs sont rarement comprimés, beaucoup moins souvent que dans les autres kystes hydatiques du cou; ces derniers, en effet, plus latéraux, sont plus directement en contact avec les vaisseaux carotidiens et les aplatissent facilement contre les plans sous-jacents. La carotide et la jugulaire étaient, pourtant, refoulées en arrière et en dehors, directement appliquées contrele kyste hydatique thyroïdien observé par G. Marchand. Enfin, dans le cas de Henle, il y avait une paralysie de la corde vocale droite, vraisemblablement due à une compression du récurrent droit.
(1) HENLE. — Loc. cit.