‹ Des kystes hydatiques du corps thyroïde: et de leur traitement par l'extirpation totaleChapitre 21 sur 29 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Symptomatologie

Par ses symptômes, le kyste hydatique du corps thyroïde ressemble à un goitre kystique ordinaire, au point que, presque toujours, c’est ce dernier diagnostic qui est porté. Nous exposerons donc très brièvement la symptomatologie des kystes hydatiques thyroïdiens, en montrant surtout les nuances symptomatiques qui les distinguent des goitres kystiques.

A). Le début est lent, progressif et c’est la présence d’une tumeur au devant du cou qui, par hasard, attire un jour l'attention des malades.

B). Les signes physiques sont ceux d’un goitre kystique ordinaire. On voit, à la partie antérieure du cou, une tumeur globuleuse,régulièrement arrondie, dont le volume est ordinairement peu considérable. Dans l'observation XV (de Zoege-Manteuffel), il est vrai, il s'agissait d’une tumeur du volume d’une tête d'enfant. Mais c'est là un fait exceptionnel : dans toutes les autres observations il est question de tu-

NEED meurs peu volumineuses, moins volumineuses en général qu’un goitre kystique.

Cette tumeur peut occuper les différentes parties du corps thyroïde :le lobe médian, l'un des lobes latéraux ou tous les deux à la fois, et nous avons déja vu quelle était la fréquence relative de ces diverses localisations. |

En palpant la tumeur, on peut préciser sa situation dans la région thyroïdienne et reconnaître ses limites exactes ; rappelons que, dans Je cas de Péan (Obs. VIII), le kyste hydatique avait les caractères d’un goitre plongeant et se prolongeait derrière le sternum.

Régulièrement arrondie, de relief nettement circonscrit,non adhérente à la peau qui glisse facilement sur elle, la tumeur hydatique présente tous les caractères des tumeurs thyroïdiennes : possibilité de la mobiliser transversalement, ce qui entraine en même temps la trachée; impossibilité de la mobiliser dans le sens vertical ; enfin et surtout ce fait que la tumeur suit l’ascension du larynx dansla déglutition. Dans le cas de Péan, le kyste s’abaissait dans les fortes inspirations, plongeait davantage derrière le sternum et exagérait la dyspnée.

La consistance de la tumeur est extrêmement variable. Dans certaines observations, en effet, on insiste sur sa dureté due à la distension extrême du liquide, et sur l'absence ou l'obscurité de la fluctuation ; ces cas sont évidemment les plus fréquents. Mais d’autres existent où, au contraire, la tension du liquide était médiocre, la tumeur élastique (Henle),

= dE nettement fluctuante (Obs. de Péan, de Peyrot, Obs. de M. Jaboulay). Decressac (Cas de Peyrot)

insiste sur ce fait que la poche est souple également dans tous les points.

La palpation pourrait aussi, dans les kystes hydatiques du corps thyroïde, donner la sensation de frémissement hydatique décrite pour les kystes à échinocoques des autres régions. Mais ce n'est là qu’une probabilité ; ce signe, déjà si rare ailleurs. n'a été signalé dans aucune des observations de kystes hydatique de la thyroïde que nous connaissons.

La tumeur hydatique est généralemeut- unique. Ce n’est que dans les cas de Ferrantet de Henle qu'on a reconnu cliniquement l'existence de deux tumeurs distinctes.

La tumeur ne présente ni souffle, ni battement propre. Enfin, fait sur Îequel insiste Decressac, le reste de la glande est intact. Si on cherche à reconnaître la trachée, on constate qu'elle est souvent déviée, lorsqu'il s’agit d’un kyste un peu volumineux occupant un lobe latéral.

C) Troubles fonctionnels — Le kyste hydatique thyroïdien donne, lieu en général, à quelques troubles fonctionnels ; nous n'avons trouvéqu'une observation, celle de Peyrot (Obs. VII) où la tumeur était le seul symptôme du kyste ; en général, cependant pour une tumeur de médiocre volume, comme l’est ordinairement le kyste hydatique, ces troubles fonctionnels sont relativement assez considérables.

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