MERE
La douleur n'existe pas, ou très peu, sauf en cas d’inflammation.
La voix est fréquemment altérée; en général, elle est simplement affaiblie ou enrouée; dans le cas de Nélaton,pourtant,elle était complètement éteinte. Cette dysphonie est due ordinairement à la simple compression de la trachée, plutôt qu'à la compression récurentielle qui est exceptionnelle ; dans le cas de Henle,cependant,l'examen laryngoscopique montra l'existence d'une paralysie de la corde vocale droite qui, d’ailleurs ne disparut pas après l’opération.
Gooch signale, dans son observation, de la toux spasmodique. ;
Il est probable que la toux de compression (1), décrite, par M.Garel,comme révélatrice des compressions de la trachée, aurait été trouvée souvent,si elle avait été recherchée.
Une dyspnée légère est assez souvent signalée ; elle n'existe quelquefois que dans l'effort qui, en tous cas l’exagère toujours.Chez la malade de Gérard- Marchand (Obs. VI), la menstruation exagérait nettement la dyspnée ; cette malade prévoyait le retour de ses règles à un accroissement de sa gêne respiratoire, Quelquefois il y a de véritables accès de suffocation (Péan) qui ont pu amener la mort des malades (Obs. de Gooch, Ferrant). Cette dyspnée à tous les degrés s'explique fort bien par la
(1) Toux de compression. Varay, Thèse de Lyon, 1902.
compression et l’aplatissement, quelquefois considérable, du larynx et de la trachée.
Une légère dysphagie est signalée dans quelques cas ; elle existait chez la malade de M. Jaboulay.
Les vaisseaux et les nerfs de la région thyroidienne ne sont ordinairement pas comprimés et c'est là une différence capitale qui sépare les kystes hydatiques du corps thyroïde des autres kystes hydatiques du cou. Cependant, nous avons déjà parlé du malade de Henle qui présentait une paralysie de la corde vocale droite. La congestion habituelle de la face est signalée dans deux observations (Obs, de Gooch et de Gérard-Marchand).
D) Etat général. — L'état général est excellent, sauf dans les cas de généralisation. Rappelons que . la malade de Péan était devenue nerveuse, émotive et avait des palpitations depuis le début de son affection.
La malade de M. Jaboulay était également une nerveuse, mais peut-être l’avait-elle toujours été.
Un symptôme d'une grande valeur,lorsqu'il existe, c’est l'urticaire. Ce phénomène était très net chez la malade de Vitrac et se présentait même avec des caractères particulièrement intéressants. Il apparut la première fois après la rupture du kyste, qui s'était produite spontanément. Le kyste s'étant reformé, puis rompu plusieurs fois de suite, chaque rupture était accompagnée d’une poussée d’urticaire. Vitrac, dans son mémoire, insiste beaucoup sur ce symp-