Voy. Semaine médicale, 1889, n
itisiyiijfîante. Dans aucune de leur.- expériences, les auteurs n'ont vu apparaître la glycosurie, pas plus que les autres phénomènes du diabète. Mais si au bout de quelque temps on complétait l'expérience en enlevant la portion qui avait été laissée pendant ia première opération, la glycosurie ne tardait pas à paraître et s'accompagnait d'autres phénomènes du diabète.
Ces faits expérimentaux sont intéressants, puisque l'on a appris à connaître en clinique la coexistence assez fréquente des affections du pancréas et du diabète sucré chez l'homme. Lancereaux , le premier, a attiré l'attention sur ce point; c'est certainement grâce à ses travaux et à ses recherches que cette idée a pu prendre corps, bien avant que la physiologie ne soit venue démr ,<trer la justesse des vues de cet observateur1.
Pour que le diabète se produise, il faut donc que le pancréas soit extirpé en totalité ou, ce qui revient au môme, que toute trace de substance glandulaire ait disparu. C'est ce qui explique pourquoi toutes les affections de cet organe ne donnent pas lieu à la glycosurie. Tant qu'il persiste une portion de la glande qui fonctionne, tant que le suc pancréatique est résorbé, soit par l'intermédiaire de la muqueuse intestinale, soit directement par les vaisseaux sanguins et lymphatiques du pancréas, la réaction spéciale de l'organisme, se manifestant par la glycosurie permanente, ne peut avoir lieu.
Tout récemment M. Lépine (de Lyon) a répété les expériences de MM. von Mering et Minkowski. Les résultats obtenus par ces auteurs ont été pleinement confirmés par le savant lyonnais5; poussant plus loin ces recherches, M. Lépine a déterminé les relations intimes qui existent entre la fonction du pancréas et la production du sucre.
Ses expériences, trop détaillées pour être relatées ici, lui ont permis de conclure que le suc pancréatique possède, à côté d'une action spécifique sur les graisses et les albuminoïdes, la propriété de régulariser la combustion du sucre, grâce à la présence d'un ferment spécial à qui incombe cette fonction.
1. Consulter à ce sujet une excellente revue du docteur Rommc in Tribune médicale, 1890, n° 41, p. 644.