EN RE
derme. Deux signes indiquent encore que l’on estdanslabonne voie : la peau se boursoufle légèrement suivant la ligne d'injection puis elle pâlit et revêt une teinte livide.
« S'il est besoin d'une traînée anesthésique quelque peu étendue, il faut après avoir retiré l'aiguille ordinaire, la repiquer au point où elle avait fini sa course ».
En réalité, M. Reclus ne pratique pas une injection hypodermique mais intradermique.
Le tracé cutané de l’incision anesthésié, il est utile d'envoyer vers la profondeur, sur les parties latérales de la poche kystique, une ou deux seringues , cette pratique évitera toute douleur en disséquant les adhérences possibles.
On devra attendre 4 ou 5 minutes avant de commencer l'opération pour laisser à la cocaïne le temps d’anesthésier complètement la peau.
L'anesthésie à la cocaïne doit-elle causer des accidents ? Non, à moins d’une « idiosyncrasie » toute spéciale et très rare.
Les accidents d'ordre septique (gangrène ou simple inflammation) seront évités en prenant les précautions indiquées plus haut pour assurer la pureté de la solution.
Les manifestations nerveuses de l’action de la cocaïne ne doivent-elles pas être mises sur le compte d’une trop grande impressionnabilité exagérée par l'émotion, la crainte de la douleur de l’anesthésie et de opération. Des cas célèbres et partout cités ont prouvé que la simple appréhension suffisait pour causer la mort avant toute tentative d’anesthésie.
Dans quelques cas et si le malade est très sensible à l’action de la cocaïne, aussitôt après l'injection de la première
seringue, on observera les symptômes suivants: crises ner-
veuses revêtant le type hystérique. Légère excitation du cerveau amenant une loquacité semblable à celle produite par les alcooliques. Dilatation de la pupille, malaise, incoordination des mouvements, accélération des mouvements respiratoires et des battements cardiaques, élévation de la température, puis pâleur de la face, ralentissement du pouls pouvant ètre suivi de mort par paralysie respiratoire.
En présence de ces premiers symptômes, pâleur de la face avec accélération du pouls et de la respiration, on doit commerncer l'opération. Le bistouri diminue immédiatement l’intensité de ces phénomènes soit parce que le sang a entraîné hors des tissus la cocaïne ou par choc opératoire ainsi que le croit A. Combe (1).
M. Reclus n'opère jamais ses malades que lorsqu'ils sont couchés complètement et débarrassés de tout vêtement trop serré. Ce chirurgien suggestionne très habilement ses malades ; pendant toute la durée de l'opération il leur adresse souvent la parole, leur persuadant que l'opération qu'ils subissent n’offre aucune gravité, que tout marche bien.
Si l'opération doit durer un certain temps, il'est utile de faire boire au malade un verre de thé fortement alcoolisé. Dans le service de la Pitié c’est une précaution à laquelle on ne manque jamais. Une sonde plongeant dans le verre permet de faire prendre le liquide aux malades couchés. À
L’inhalation de quelques gouttes de vinaigre ou d’ammoniaque dissipent rapidement les premiers symptômes d'in-
toxication.
Comme succédanés de la cocaïne on a proposé un certain
(1) Semaine médicale, Paris, 1893, p. 22.
nombre de substances dont les propriétés anesthésiques diffèrent peu de la cocaïne, mais qui n'ont pas été expérimentées sur une aussi grande échelle.
Nous citerons le phénate de cocaïne qui d’après Glück ne produirait jamais d'intoxication.
La tropa cocaïne. ;
L'ounabine et la strophantine dont les propriétés anesthésiantes ont été étudiées par M. Gley à la Société de Biologie en 1889.