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ASEPSIE DU CHAMP OPÉRATOIRE

La désinfection du champ opératoire est une des mesures les plus fondamentales quand il s’agit d'opérations aseptiques. La plupart des kystes sébacés que le chirurgien doit enlever siégeant au cuir chevelu ou à la face, régions le plus souvent couvertes de poils, la désinfection du champ opératoire présente quelques particularités que nous allons exposer rapidement.

Le premier temps de la désinfection est de raser soigneusement et dans une étendue assez considérable tous les poils ou cheveux qui entourent et recouvrent la tumeur. Nous sommes loin de la pratique que recommandait M. Verneuil dans’le traitement des plaies du crâne qui consistait à nouer les cheveux pour réunir les deux lèvres de la plaie.

Si la peau n’est pas infectée, ce qui est le cas toutes les fois que l’on n’a pas affaire à une loupe ulcérée, on fera un lavage et un savonnage à l’eau bouillie chaude. M. Lucas Championnière emploie dans son service le savon ou l’eau de Panama.

La peau du crâne étant souvent recouverte d’un enduit sébo-

Por

réique abondant on ne devra pas hésiter à se servir de la brosse de chiendent contre-indiquée dans les autres régions à cause de la finesse de la peau.

Dans la plupart des hôpitaux, on regarde l’eau bouillie comme insuffisante pour rendre la peau aseptique, et on emploie avec le savon, une solution antiseptique de sublimé ou d'acide phénique. Cette pratique est peut être exagérée car cest surtout par le savonnage énergique et le brossage que l’on nettoiera la peau. On doit avoir plus de confiance dans un lavage énergique à l’eau bouillie que dans une légère irrigation des tissus par une solution antiseptique. Les antiseptiques ne pénètrent pas les nombreux orifices glandulaires de la peau. D'après Lister cependant l'acide phénique étendrait son action dans la profondeur des lissus, d’où la pratique de ce chirurgien qui ne lave que très sommairement le champ opératoire, car il admet que la solution phéniquée employée pendant l'opération produira sur les tissus voisins une antisepsie suffisante.

Les dermatologistes obtiennent presque toujours des savonnages bien faits une action suffisante pour la guérison des maladies de la peau. Ils croientavec M. Bernier que ce moyen est le meilleur pour débarrasser la peau des agents pathogènes sans jamais Pirriter. La peau rendue bien nette on enlèvera les dernières matières grasses en la frottant avec une compresse stérilisée imbibée d'alcool à 40 degrés ou par un lavage à l’éther.

Après ce nettoyage, le champ opératoire sera recouvert d’une compresse plongée dans un liquide antiseptique jusqu'au moment de l'intervention. Dans le cas de loupe ulcé-

rée, quand la peau est infectée depuis longtemps par la sup-

AS

puration, on commencera par désinfecter soigneusement à l’aide de solutions antiseptiques fortes, l’ulcération. On choisira la solution de chlorure de zine au 1/10, d'acide phénique au 1/20. ,

Il est nécessaire de laisser les tampons longtemps en contact, avec la partie malade. Le thermo-cautère peut rendre de grands services, par Papplication de la lame rougie sur les parties ulcérées. Cette cautérisation se fera immédiatement avant l'intervention. Les procédés que nous venons d'indiquer sont empruntés pour la plupart à l'ouvrage de M. Schwartz « Sur la pratique de Pasepsie», ce sont ceux que nous avons toujours vus employer avec le plus grand succès.

Il est évident qu'avant de pratiquer l'intervention le chirurgien devra se désinfecter soigneusement les mains. On doit se rappeler que l'infection par contact est de beaucoup la plus fréquente.

La désinfection des mains comprend, d’après M. Schvartz plusieurs temps : 1° nettoyage des ongles à sec; 2° lavage et brossage des mains au savon ; 3° brossage des ongles et lavage à l’alcoo! à 90°; 4° lavage à une solution tiède de sublimé à 4 pour 1000 ou d'acide phénique à 5 0/0.

INcIstox.

Le champ opératoire sera entouré de compresses de tarlatane stérilisées par l’ébullition de façon à éviter au cours de l'opération la souillure des instruments ou des mains du chi-

rurgien, On incisera la tumeur suivant son plus grand dia-

mètre, en évilant de crever la poche du kyste dont le contenu souvent fétide irait souiller les surfaces cruentées.

Le procédé d'incision elliptique, cernant la base de la tumeur, n offre aucun avantage et est plus difficile à appliquer. Le sens de l’incision n’est pas indifférent, l'on devra toujours s’arranger, pour que l’une des extrémités de l’incision soit à la partie la plus inférieure de la tumeur de façon à ce qu’un drain placé à ce point assure un écoulement facile des liquides. On évitera ainsi toute formation de clapiers.

Jean Louis Petit recommande de ne pas couper obliquement la peau, les cheveux repoussant, dit-il, forment des pointes qui piquent et agacent les fibres nerveuses et peuvent par les impressions douloureuses qu’elles y font, occasionner les accidents les plus graves.

Dans les cas de loupes très volumineuses, on emploiera une incision en ellipse, semblable à celle qui est de règle pour l’'amputation d’un sein atteint de carcinome. Dès que la peau sera incisée, des pinces hémostatiques arrêteront l’hémorrhagie. M. Lucas Championnière place sur chaque lèvre de la plaie, une longue pince qui, rejetée en dehors, fait par son propre poids l'office d’écarteur. Grâce à ce procédé, on pourra éviler l’emploi d'un aide, condition favorable pour une asepsie plus parfaite. On place sur le sommet de la tumeur une pince à griffes, les pinces de Kocher par exemple, cette pince servira à maintenir le kyste, à l’attirer au dehors. A l’aide d’une spatule, d’une sonde cannelée, voire même avec l'extrémité du doigt, on pourra rapidement détruire les adhérences du kyste et de la peau. Si les adhérences sont trop fortes, on les détruira à l’aide du bistouri ou des ciseaux

courbes.

GAULEJAC

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