‹ Des Lésions Buccales de l'HydroaChapitre 5 sur 13 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ÉTIOLOGIE, PATHOGÉNIE

Nous ne connaissons pas d'une façon certaine quelle est l’étiologie de l’hydroa, qui est rangé, pour cela même, dans la classe des érythèmes polymorphes dits idiopatiques.

Pour la plupart des auteurs contemporains l’érythème polymorphe idiopatique est le plus souvent une maladie infectieuse encore mal connue et les arthropathies concomitantes. que l’on observe en même temps que l’erythème, sont des manifestations pseudo-rhumatismales. Nous en avons un exemple très net dans deux de nos observations.

Les recherches bactériologiques de Haushaiter, de Simon et de Legrain, sont venues apporter un certain appui à cette hypothèse. Dans deux cas d’érythème observés par le premier de ces auteurs, la culture des bulles, ainsi que l’urine des malades, a donné naissance, chaque fois, sur l'agar-agar, à des colonies qui se présentaient, au bout de quelques jours sous l’aspect de pellicule d’un blanc sale. Une parcelle de ces colonies, examinée au microscope, se

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montrait formée de microcoques arrondis, isolés ou réunis deux par deux de 0,84 à 1u. Des injections sous-cutanées ont été pratiquées chez plusieurs cobayes avec ces cultures ; sur quatre cobayes inoculés, deux sont morts au bout de dix heures. Mais, en revanche, les essais de culture avec le sang des malades ont été très infructueux et les inoculations n’ont pas produit, chez l'animal, d’éruption analogue de celle de l’érythème polymorphe. Le problème n’est donc pas résolu par des recherches aussi peu probantes:

D'autre part, on a beaucoup de tendance à admettre aujourd’hui que le rhumatisme est une maladie infectieuse, bien que son microbe spécifique n'ait pas encore été découvert. Pour rejeter la nature rhumalismale de l’érythème polymorphe dit idiopa: tique, il faudrait prouver quel’agent pathogène trouvé dans les efflorescences de l'érythème polymorphe est différent de l'agent pathogène du rhumatisme ; c'est ce qui n’a pas été fait.

Nous pouvons donc dire, avec le professeur Gaucher, que l’hydroa est généralement de nature rhumatismale tout comme les arthropathies, les complications cardiaques et pleurales qui l’accompagnent si souvent.

Ce n’est pas en tout point l'opinion du professeur Besnier qui dit: « Le rhumatisme vrai n’a pas l’érythème polymorphe au nombre de ses manifestations, mais il peut se produire comme danstout autre état infectieux, soit directement, par son principe propre,

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soit plus ordinairement, selon toute vraisemblance, à titre secondaire, soit en provoquant une infection deutéropathique, soit en rendant ce sujet impressionnable aux actions médicamenteuses.»

Il est possible, d'ailleurs, qué l'agent parasitairé infectieux de l’érythème polymorphe ne soit pas toujours le méme. Le professeur Landouzy a soutenu récemment l’origine tuberculeuse de certains érÿthèmes polymorphes et le professeur Gaucher luimême à observé un cas d’érythème polymorphe qui était vraisemblabléement en rapport avec la tuber: culose.

Il ne faudrait pas confondre l’hydroa vrai appelé autrefois herpès-iris ou en cocarde par Bateman, avec une autre affection décrite par Bazin sous le nom d’hydroa vacciniforme qui a une tout autre origine. C’est, en effet, un érythème de cause externe produit par les rayons du soleil, surtout au printemps et en été, sur certains sujets prédisposés, en particulier sur les enfants. -

L'origine rhumatismale n'entre ici aucunement en cause et il ne faudrait pas que la même dénomination fasse penser à une affection de même origine.

L'hydroa s’observe à tous les âges, chez les deux sexes indifféremment, et dans toutes les conditions. On retrouve, il est vrai, assez souvent des causes occasionnelles, mais elles sont banales: un travail pénible, des veilles, l'exposition à une température élevée, des émotions vives.

Si nous nous basons sur le résultat que nous

donne la lecture de nos observations, nous pouvons croire que les manisfestations buccales de l’hydroa s’observent surtout dans l’âge adulte, car nous n'avons pas trouvé un cas de stomatite ni chez un enfant ni chez un vieillard.

L'hydroa et en particulier la stomatite hydroïque, est loin d’être une affection fréquente. Nous avons consulté toutes les fiches de la policlinique du professeur Gaucher à l'hôpital Saint-Louis ; sur 156 cas d’érythème polymorphe, nous n’avons trouvé que huit observations où il était fait mention des lésions buccales de l’hydroa.

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