‹ Des Lésions Buccales de l'HydroaChapitre 7 sur 13 · PRESS RES · texte numérisé non relu

PRESS RES

muqueuse buccale. Fournier a qualifié Phydroa buccal du nom de « sosie de la plaque muqueuse buc-

cale ». En effet, il la simule parfois à ce point qu'il

lui est, non pas semblable, mais rigoureusement

identique. Cet énanthème hydroïque est essentiellement syphiloïde et syphiloïde au suprême degré. Il simule la plaque muqueuse avec une identilé objective absolue. A ce point qu’à première vue, tout le monde, sans éxceplion aucune, s'y laisse prendre et diagnostique syphilis sans hésitation comme sans arrière-pensée. L'erreur est non pas possible mais fatale. À fartiori, est-elle commise par les médecins qui n'ont aucune notion de l'hydroa. Aussi, les méprises sont-elles absolument communes en l’espèce ; méprises qui peuvent être grosses de cConséquences, n’aboutissant à rien moins que de voir la vérolé là ou elle n’est pas. |

Or, à ce propos, nous croyons pouvoir relater le fait suivant raconté par le professeur Fournier :

Il y a une quinzaine d'années, je fus mandé dans une excellente et patriarcale famille bourgeoise, que je trouvais littéralement dans la consternation. Il y avait là une jeune fille de dix-sept ans, que l’on croyait affectée de la syphilis. Et cependant cette jeune fille, élevée au foyer parternel, était à l'abri de tout soupçon. On se perdait én conjéctures, ne mettant pas en doute. d'ailleurs, lé diagnostic du médecin de la famille, qui s'était prononcé catéoVihenent et avait énoncé la syphilis indéniable bien que sans explication pos-

sible, de par une série de plaques muqueuses buccales.

d' dd Raw dd

J'examinai la malade et je confesse que ma première impression fut absolument conforme au diagnostic que l'on avait énoncé, Toutes les lésions buccales, que je voyais sur les lèvres, sur la langue et sur le voile du palais, étaient bien des plaques muqueuses ; elles en avaient tous les caractères objectifs, impossibles à nier. |

Mais alors, en recherchant des signes confirmatifs de ce diagnostic sous forme d’autres accidents de la syphilis, soit actuels, soit antérieurs, je n’en trouvais pas le moindre, Puis, d'autre part, dans cette recherche, je rencontrai ce qui fut pour moi un trait de lumière, à savoir: d’une part, plusieurs mäcules d’un rouge sombre sur la face dorsale de l’un et l’autre métacarpe, vestiges de « boutons » qui s’étaient produits là récemment ; et, d'autre part, au niveau du bord cubital du poignet et masquée par un bracelet, une petite papule à centre vésiculeux. Plus de doute, c'était là de l'hydroa buccal et les prétendues plaques muqueuses buccales, qui avaient surpris le diagnostic de mon confrère et le mien, n'étaient rien autre qu'un énanthème hydroïque.

En effet, les lésions buccales disparurent en quelque jours sous l’inflence de soins locaux. Et quant à la syphilis , il n’en fut plus jamais question, pour la bonne raison qu’elle

n'existait pas én l'espèce.

Si semblables que soient les deux lésions, l’objectivité reste-t-elle,impuissante à établir de l’une à l’autre quelques différences? Non, et préciser ici sera de rigueur.

Alors qu'il est jeune, l'énanthème buccal peut être

Page 1