‹ Des lésions de l'endocarde chez les tuberculeuxChapitre 18 sur 33 · X..., 25 ans, sans renseignements · texte numérisé non relu

X..., 25 ans, sans renseignements

Poumons. — Lésions anciennes de tuberculose au sommet fcavernules disséminées); explosion de granulations g-rises.

Cœur. — Valvule mitrale indurée, noyaux à sa partie libre. Valvules sig^moïdes de l'aorte, un peu épaissies.

OBSERVATION LV (personnelle).

Tuberculose pulmonaire ulcéreuse. Sclérose de lendocarde et

du rein.

Th. A. 3o ans, serrurier. Entré le 17 décembre 1892, salle Corvisart, lit n" 6. (Hôpital de là Charité. Service du professeiii" Bouchard.)

A. H. - Père mort à 76 ans de maladie ihcohhue. Mère morte en couches, avait une bonne santé. Uné Soeur âgée de 38 ans qui s'est toujours bien portée.

A. P. — Dé très bôfine santé habituelle, aucune maladie de rehfânce. Paë de maladies vénériennes. Pas d'éthylisme. Il s'èst toujours bien porté jusqu'à 2.5 ans, époque à laquelle étant àu régiment, il a fait une pleiirésié du côté g-auche pour laquelle on

aurait appliqué une série do vésicatoires. Sa maladis aurait duré deux mois. Depuis il continue de tousser et sa respiration est moins libre qu'auparavant. Il y a six semaines, après un refroidissement, toux augmente suivie d'une expectoration abondante parfois colorée par des filets de sang-. Les transpirations sont devenues très abondantes. Il s'essoufle facilement et au moindre effort. Ces symptômes s'accentuant, la faiblesse, l'amaigrissement survenant, il se décide a entrer à l'hôpital.

Examen. — Homme de taille moyenne, au faciès pâle et très amaigri.

Appareil respiratoire. Poumons : signes de ramollissement et d'infiltration des deux poumons.

Cœur. — Matité cardiaque difficile à délimiter en raison d'un certain degré d'emphysème. Pouls d'une fréquence régulière. P. A. 12 1/2. Auscultation : Pas de bruits anormaux. Bruits normaux sans rien de particulier.

Urines. — Pas d'albumine ni sucre; quantité normale.

Appareil digestif assez bon. Fôié lië dépassant pas le rebord des fausses côtes.

Température. Oscillations, environ entre 37°3 et 38*5.

Accentuation progressive des symptômes jusqu'à la mort le 1 5 janvier 1893.

Autopsie le 16. — Cadavre très éraacié, sans traces, de putréfaction. Pas de liquide dans les séreuses, sauf dans le péricarde et en petite quantité. Poumons : Adhérences aux deux sommets très solides et très épaisses. Poumon gauche, sommet; quelques cavernules (œuf de pigeon) enserrées dans une épaisse couche de tissu fibreux qui délimite en d'autres points des nodules caséeux. Granulations ; infiltration tuberculeuse dans le reste de l'étendue. Poumon droit : lésions à peu près analogues.

Cœur. — Petit, 245 gr.; cœur droit un peu dila é. Le veiitricule gauche rétracté est un peu épaissi et àwv:; Uendocarde

pariétal du ventricule g-auche est blanc opaque, l'endocarde val vulaire présente les mûmes apparences et se trouve de plus très épaissi au niveau de ses bords libres (nouures au niveau des insertions tendineuses). Ventricule droit : Endocarde pariétal et valvulaire; mêmes lésions. Les valvules artérielles sont saines en dehors d'un peu d'épaississement. L'aorte est très légèrement athéromateuse.

Foie muscade petit. Rate petite, dure.

Reins. — Scléreux avec atrophie notable de la substance corticale ; la 'capsule se détache difficilement.

Examen Iiislo logique. — Endocarde valvulaire (valvule mitrale). Pas de lésions inflammatoires récentes. Substance interstitielle fibrillaire, très abondante au niveau du bord libre. Epaississement notable des plans fibreux des faces auriculaire et ventriculaire de la valvule ; hyperplasie des éléments normaux. Endocarde pariétal : même hyperplasie du plan fondamental qui paraît très notablement épaissi.

OBSERVATION LVI (personnelle).

Tuberculose pulmonaire ulcéreuse. Sclérose de l endocarde.

A. C, 40 ans, professeur. Entré salle Corvisart, lit n° 2, II décembre 1892. (Hôpital de la Charité. Service du professeur Bouchard.

A. H. — Excellente santé des ascendants. A eu deux frères et une sœ ir; un frère serait mort à seize ans de phtisie galopante après une maladie fébrile soignée comme une fièvre typhoïde et qui paraît avoir été la typho-bacillose.

A. P. -- Excellente santé pendant son enfance, n'a le souvenir d'aucune maladie grave, n'a jamais eu aucune maladie vénérienne. Pas d'excès alcooliques. Très bien portant jusqu'à il y a' trois ans, où dépourvu de ressources et obligé de

travailler beaucoup pour arriver à donner quelques leçons, il eut à souffrir un peu de la faim et surtout du froid. Aussi après série de refroidissements, finit-il par s'enrhumer, et ce rhume persista pendant long-temps ne le l^tig-uant pas au point de le forcer à suspendre ses occupations. Progressivement cependant la toux devient plus persistante, l'expectoration d'abord sans caractères est verdâtre, muco-purulente. 11 maigrit, sent ses forces diminuer et devant l'aggravation lente de son état se décide à entrer à l'hôpital.

Examen. — Homme d'une taille moyenne, très amaigri, faciès pâle, terreux, ongles hippocratiques • œdème malléolaire des membres inférieurs non persistant.

Thorax. — Très amaigri, dépression intercostale, salières sous-claviculaires, pression des espaces intercostaux, douloureuse surtout à gauche.

Poumons : signes de ramollissement des deux côtés ; signes cavitaires à gauche.

Cœur. — Pouls, 80, régulier. P. A. faible, i3 environ ; l'artère radiale est dure sans sinuosités. Surface de matité normale. La pointe bat au siège d'élection. Les bruits normaux sont légèrement modifiés dans leur timbre et leur rythme. Le premier bruit un peu assourdi est prolongé ; le deuxième bruit est dédoublé d'une façon inconstante et ce dédoublement est influencé par la respiration.

Appareil digestif. — Anorexie, alternatives de constipation et de diarrhée (non tenace). Foie ne déborde pas les fausses côtes.

Appareil urinaire normal, ni sucre ni albumine, quantité de i5 à 1.800 grammes.

Rien autre d'appréciable à signaler. Le malade reste ainsi traité par la révulsion locale, la créosote et les potions toniques jusqu'aux premiers jours de février. A cette époque, le malade qui avait dans les débuts de l'œdème malléolaire fugace, présente une accentuation et une généralisation de cet œdème qui

gag-ne la face, devient viscéral et se caractérise aux poumons par des boufl'ées de râles crépitants. Le malade, par suite de la dyspnée, ne peut rester dans le décubitus dorsal, il cet assis dans la position du tailleur. Les urines très diminuées sont épaisses, sédimenteuses, et contiennent de l'albumine. Les bruits du cœur sont moins nettement frappés, le pouls est fréquent.

Le malade meurt asphyxié quelques jours après le début de cette complication rénale ; le 23 février.

Autopsie, — On constate l'anasarque, notée du vivant du malade. Dans les cavités séreuses, petite quantité de liquide citrin.

Poumon droit : Adhérences du feuillet pariétal et viscéral de la plèvre, surtout au sommet, adhérences de la plèvre interlobaire. Infiltration tuberculeuse ; nodules caséeux en voie de ramollissement, petites cavernules au sommet (œuf de pigeon;. Poumon gauche : adhérences pleurales. Caverne grosse comme un œuf de poule, au sommet, anfractueuse à contenu séro-purulent. Infiltration tuberculeuse dans le reste de l'étendue.

Foie. — Gras, hypertrophié. Rate assez grosse avec quelques petits tubercules.

Reins. — Capsule se détache facilement. Etoiles de Verheyen très prononcées. Chargés de sang, hémorrhagies intertubulaires.

Ganglions mésentériques volumineux, hémorrhagiques. Appareil génito-urinaire ; rien.

Cœur, 25ogr. mou, flasque; plaque laiteuse du péricarde suivant le trajet des vaisseaux. V. G. 2 cent, d'épaisseur. V. D. 4 millim- On constate en certains points de l'endocarde épaissi des arborisations vasculaires très prononcées qui semblent commander les taches blanchâtres (traînées opaques) que l'on constate sur l'endocardite pariétal.

Ces arborisations valvulaires se retrouvent sur la grande valve milrale très épaisse surtout au niveau de son bord libre

qui est comme boursouflé. Valvule tricuspide, même altération. Les valvules artérielles sont aussi un peu épaissies. Aorte :■ petites plaques athéromateuses disséminées surtout à l'embouchure des collatérales.

L'examen histolo^ique confirme les lésions supposées à l'examen macroscopique. L'épaississement de la valvule est formé par rhypei plasie conjonctive, l'hypergenèse des éléments de la zone fibreuse qui sont à l'état adulte, et la transformation fibroïde du tissu muqueux du rebord de la valvule. Sur des coupes transversales, on note la coupe de petits vaisseaux avec amas globulaires et quelques cellules embryonnaires à la périphérie.

OBSERVATION LVII (personnelle).

. Tuberculose pulmonaire. Pneumonie caséeuse, cavernules. Sclérose de l'endocarde. Epaisissement.

J. L..., 36 ans, déménageur, entre le 12 septembre 1892, salle Corvisart, lit n" 8, hôpital de la Charité. Service du professeur Bouchard.

Il entre parce qu'il tousse depuis un certain temps.

A. H. — Aucun antécédent héréditaire.

A. P. — Bonne santé jusqu'à il y a six mois. Aucune maladie antérieure. Pas de syphilis. Pas d'alcoolisme. Il y a six mois, bronchite qui persiste malgré alternatives de repos et de traitement, s'accompagne bientôt de faiblesse, d'amaigrissement. La toux est fréquente, suivie d'une expectoration muco-purulente. Pas d'hémoptysies.

Examen. — Malade, très grand, i m. 70, très amaigri, au.^ ongles hippocratiques, aux doigts déformés en bdguettes de tambour. Faciès pâle, terreux.

Thorax. — Très amaigri, non douloureux à la pression.

Poumons. — Signes d'infiltration et de ramollissement des deux poumons, signes cavitaires à gauche;

Cœur. — On ne sent pas battre la pointe, qui est délimitée par la percussion en son point normal. Sa matité n'est pas aujrmentée. Les bruits du cœur sont précipités, légèrement masqués par les bruits anormaux pulmonaires. Le pouls est assez fort, ample, très fréquent, 120, régulier ; la P. A. iS-S. La température oscille entre 37''2 et 38°6.

Les urines sont abondantes, sans albumine.

Foie déborde un peu les fausses côtes.

Traitement créosoté. Révulsion.

Les jours suivants, apparition d'un œdème, qui débute au niveau des malléoles et gagne progressivement les cuisses. Les urines diminuent, on y constate la présence de l'albumine. Les bruits du cœur sont très fréquents. L'on constate un dédoublement du deuxième bruit au niveau du foyer d'auscultation de l'artère pulmonaire. L'œdème des membres inférieurs devient considérable, on fait des scarifications pour faciliter l'issue du liquide qui s'écoule absolument clair. Les urines, psu abondantes, sont très foncées. La toxicité de ces urines est considérable. Elles tuent à 22 cent, par kilogramme.

Le malade meurt le 9 novembre.

Autopsie. — Sujet fortement amaigri, dont les membres inférieurs, très fortement œdématiés, présentent autour des scarifications des traces de rougeur.

Dans l'abdomen, on constate un litre et demi environ d'un liquide clair citrin. On ne constate pas de liquide ni dans la plèvre, ni dans le péricarde.

La plèvre gauche est très adhérente au sommet. Il est impossible en effet de détacher le poumon gauche qui se déchire. Au niveau de la base on constate d£s- adhérences récentes. La plèvre droite est libre.

Poumon gauche. — Lésions tuberculeuses disséminées à différents stades d'évolution. Au sommet, existent un certain nombre de cavernules, assez petites (œuf de pigeon); autour et au-dessous, nodules caséeux en voie de ramollissement. Granulations miliaires, jaunes et grisas. — Poumon droit: 1.260 gr. Pneumonie caséeuse avec foyers de ramollissement en certains points sans cavernes. Zone de congestion pérituberculeuse intense.

Foie un peu jaunâtre à la coupe, sans amyloïde; dégénérescence graisseuse probable.

Cœur gros, hypertrophié (surtout ventricule gauche), 2 cent. 1/2 d'épaisseur au niveau du V. G., 8 :mill. V. D. Les valvules sont suffisantes, ne présentent aucune lésion d'orifice. La valvule mitrale, un peu boursouflée au niveau de son bord libre est rouge et cette teinte rouge ne paraît pas tenir à l'imbibition (car on ne voit aucune trace d'irabibition en d'autres points). Elle est déplus opaline. L'endocarde pariétal est opaque en certains points. La /alvule tricuspide présente à un moindre degré les lésions constatées au niveau de la mitrale. Les valvules artérielles sont un peu épaissies. L'aorte est peu athéromateuse. Rate : 2i5 gr. Boue splénique.

Rein gauche: 220 gr. La capsule se détache assez facilement, gros tubercule caséeux, dans substance corticale. Congestion. — Eein droit : 222 gr. Mêmes lésions. Tubercules plus petits.

Tîibe digestif. — Aucune lésion apparente. Appareil génitourinaire sain.

Examen histologique. — Transformation fibreuse du tissu muqueux du bord libre, substances interstitielle fibrillaire avec cellules plates. Hypergenèse au niveau des zones auriculaire et ventriculaire des plans fibreux de la valvule.

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