OBSERVATION XXIII
Diénay (Charles), âgé de 5 ans, a été amené le 2 novembre 1868 à l’hôpital des Enfants-Malades, et admis dans le service de M. Giraldès, salle Saint-Côme, n° 8, pour qu’on le débarrassât d’une énorme tumeur ganglionnaire, du côté gauche du cou, placée sur le trajet du sterno-mastoïdien, et s’étendant en arrière de l’oreille.
Il fut opéré le 20 novembre. M. Giraldès commença par enlever la portion antérieure de la tumeur; l’opération fut très-laborieuse, la tumeur étant formée d’une foule de ganglions très-petits; elle dura près d’une heure. Alors M. Giraldès, vu la fatigue du petit malade, les difficultés inhérentes à la région et la section de quelques veines qui menaçaient d’accidents, jugea prudent de terminer l’opération et de laisser la portion postérieure de la tumeur, dont il avait enlevé déjà la plus grande partie. Le lendemain M. Giraldès remarqua que le petit malade présentait une dilatation très-notable de la pupille du côté correspondant, sans trouble de la vue, et sans autre phénomène de ce côté de la face.
Passant dans le service quelques jours après, je constatai que la pupille gauche était un peu plus dilatée que celle du côté opposé. Cette dilatation, quoique peu marquée, était manifeste. J’appris alors qu’elle avait été bien plus dilatée pendant les deux ou trois jours qui suivirent l’opération.
10 décembre. Sortie du malade. Il reste une plaie longitudinale en voie de cicatrisation, à laquelle vient s’ajouter une autre plaie presque fermée, résultant d’une incision perpendiculaire à la première. La pupille est encore un peu dilatée.
Dans ce cas, la dilatation de la pupille peut s’expliquer, soit par l’irritation du filet sympathique en contact avec le pus, soit par la
compression exercée par la tumeur; l’analogie nous autorise à adopter de préférence cette dernière interprétation.
Les cinq observations qui suivent sont tirées du mémoire de M. Ogle. Moins concluantes peut-être que celles que nous venons de rapporter, elles pourront toutefois leur servir de complément. D’ailleurs, nous avons négligé de relater celles qui nous paraissaient trop controversables, les cas, par exemple, dans lesquels on ne notait pas quelle était la pupille dilatée, ou ceux dans lesquels la différence entre la dilatation des deux pupilles n’était pas bien manifeste. Dans les deux premières observations, la dilatation est causée par la compression qui résulte d’anévrysmes de l’aorte ; dans les deux suivantes, par des tumeurs cancéreuses du cou; dans la dernière, par un engorgement ganglionnaire consécutif à une fièvre scarlatine.