‹ Des lésions trophiques consécutives aux maladies du système nerveuxChapitre 13 sur 26 · LÉSIONS TROPHIQUES DANS LES OS ET LES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

LÉSIONS TROPHIQUES DANS LES OS ET LES ARTICULATIONS

L’étude des lésions trophiques des articulations et des os est plus difficile que celle des lésions musculaires. Les causes de. cette difficulté sont multiples ; mais une des plus importantes, qu’il faut signaler tout d’abord, c’est l’ignorance relative où nous sommes encore de l’innervation normale de ces organes. Pour les muscles, en effet, des terminaisons depuis longtemps indiquées et aujourd’hui bien décrites, des origines médullaires où une racine exclusivement motrice est en continuité avec les cellules les mieux connues de la moelle, toutes ces parties constituent un sj^stème dont la connaissance précise permet de découvrir et de bien interpréter les lésions qui s’y produisent. Pour les os et les articulations, au contraire, rien ou presque rien de précis (1).

Si depuis quelques années des recherches faites en Allemagne (2) ont appelé l’attention sur les corpuscules terminaux des nerfs dans les synoviales et dans les ligaments, corpuscules analogues ou peut-être semblables à ceux de Pacini, ces recherches n’ont pas été entièrement acceptées en France, et M. Sappey doute encore de l’existence des nerfs dans les synoviales. La présence des nerfs dans les os et surtout dans la moelle (3) a été longtemps contestée

t.1) Nicoladini, 1873. Stricker’s Jabresb,

(2) Rauber, 1874. Cer.tralblatt, n° 20, p. 305.

(3) Rérny et Variot. Gaz. liebd., déc, 1878.

et n’a été que tout récemment démontrée; quant aux origines, l’obscurité est plus grande encore ; unies aux filets sensitifs de la peau, les fibres nerveuses centripètes venues des os et des articulations cheminent avec eux dans les racines postérieures et aboutissent dans la moelle à des cellules, dont le siège et la disposition exacte sont encore à trouver.

Cette imperfection des connaissances anatomiques exerce son influence sur la pathologie. La démonstration des rapportsqui unissent certaines lésions articulaires ou osseuses aux maladies du système nerveux est d’autant plus difficile, que l’on ne sait où chercher dans celui-ci l’altération qui les détermine. Jusqu’à présent, la recherche des centres trophiquespour les osetles articulations (en employant toujours ce terme dans le sens restreint que nous lui avons donné) est restée infructueuse, et quelques auteurs n’ont même pas hésité à contester l’origine nerveuse des lésions qui vont maintenant nous occuper.

Elles peuvent intéresser les os ou les articulations, et souvent les deux ordres d’organes à la fois lorsqu’il s’agit d'une altération épiphysaire ; dans ce cas, bien qu’au point de vue clinique la complication prenne surtout l’aspect d’une arthropathie, nous la rapporterons, pour ne pas scinder notre description, à la lésion osseuse qui en est le fait essentiel, et nous n’étudierons avec les arthrites que les cas où les altérations occupent réellement les partiés molles articulaires et y restent limitées.

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