C. — Cœur
Les altérations macroscopiques du cœur dans limpaludisme ont été notées depuis longtemps par les
— 24 — ; praticiens qui ont observé dans nos contrées : Alibert, Maillot, Antonini et Monard frères, Haspel, E. Collin, Laveran, Dutrouleau. Tous ces auteurs ont signalé le ramollissement et l’état flasque du cœur dans les fièvres paludéennes.
E. Collin, dans ses « Recherches sur les affections de la rate dans les fièvres paludéennes de l’Algérie », rapporte que, dans les fièvres pernicieuses, il trouva le cœur normal sur 2/5 des sujets seulement; son volume était augmenté chez les 3/10; sa flaccidité avec couleur livide, terne, ou pelure d’oignon, existait chez la moitié.
C'est en effet dans le cours de l’impaludisme chronique, et principalement dans les formes pernicieuses, c’est surtout dans la cachexie paludéenne que l’altération du cœur est le plus communément observée.
La lésion la plus ordinaire et en même temps la plus appréciable, est l'hypertrophie générale de l’organe, que l’on a comparé dans ces cas à une gibecière ; l’hypertrophie porte sur toutes les cavités du cœur, elle semble due à la stase du sang qui y produit une dilatation passive ; puis sous l'influence de cette réplétion, le muscle cardiaque redouble d’activité et s’hypertrophie à son tour. L’hypertrophie est en effet excentrique ; 1] y a une légère augmentation d'épaisseur des parois. Dans l’observation IX, nous avons trouvé à l’autopsie un cœur dont chacun des ventricules aurait facilement logé un gros poing. Cette hypertrophie n’est certainement pas la règle
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dans les altérations paludéennes du cœur, car dans l’autopsie qui fait l’objet de notre observation VII, le cœur était petit, ses cavités fort réduites, ses parois très épaissies (hypertrophie concentrique).
Les lésions histologiques du cœur dans l'impaludisme ont été étudiées pour la première fois par M. E. Vallin (Mémoires de médecine et de pharmacie militaires, 1874), qui, guidé par la dégénérescence du myocarde vbservée dans la fièvre typhoïde, fit un grand nombre de recherches sur les altérations de même ordre dans la fièvre paludéenne. Ces recherches ont été poursuivies par M. Vallin jusque dans les muscles de la vie de relation où des lésions analogues se sont présentées. |
La dégénérescence des fibres eu foyers nombreux et disséminés, à teinte foncée sous un faible grossissement, s’est montrée constamment. La fibre cardiaque a subi la dégénérescence granulo-graisseuse que M. Vallin distingue complètement de l'aspect trouble observé dans d’autres maladies et imputable peut-être à une coagulation de la myosine. La striation à disparu dans la fibre dégénérée, qui reste trouble par l’addition de l'acide acétique. Des molécules irrégulières la recouvrent et lui communiquent une teinte sombre ; ce sont des granulations vitreuses, disposées en séries rappelant vaguement une striation, « Puis, çà et là, des amas irréguliers très réfringents, ayant l'éclat de la graisse, prennent leur rang dans une bande transversalee ou longitunale. »
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Enfin, M. Vallin a trouvé des amas graisseux et pigmentaires accumulés aux extrémités et au voisinage des noyaux des cellules, puis la prolifération nucléaire notée par M. Hayem. La dégénérescence graisseuse, d’après M. Vallin, ne serait jamais trèsavancée, et serait plutôt en rapport avec la durée de la maladie qu’avec la gravité des cas.
Ainsi donc la dégénérescence granulo-graisseuse commençant par la transformation du protoplasma interfibrillaire en granulations protéiques, puis aboutissant à la transformation graisseuse de ces granulations, caractériserait la myocardite d’origine palustre. |
Les lésions d’orifice sont rares dans l’impaludisme, à toutes les phases de son évolution, et les bruits de souffle que l’on entend parfois nous semblent dépendre en partie de l’anémie existant toujours à un certain degré, même -après un très petit nombre d'accès de fièvre (M. le professeur Jaccoud disait, dans une leçon clinique toute récente, que l’anémie pouvait s'établir au bout de trois accès, de deux acrès même). « Cependant, dit Griesinger (Traité dés maladies infectieuses), on observe des cas où, dans le cours d'une fièvre intermittente, des accidents se manifestent du côté de l’endocarde, et l’on peut alors rapporter à la fièvre intermittente le début de quelque affection chronique du cœur. »
Cette assertion a d'autant plus de valeur que l’endocardite se manifeste presque toujours dans un Orga -