‹ Des Lésions Viscerales De L'ImpaludismeChapitre 9 sur 28 · CU · texte numérisé non relu

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devenant fibrineux, et reliant le tissu conjonctif périiobulaire à l’anneau fibreux central. Les mailles de ce stroma correspondant aux alvéoles pulmonaires considérablement rétrécis. Cà et là se rencontrent des amas de pigment. L’endothélium pulmonaire en certains points est peu altéré, et présente seulement quelques traces d'inflammation. Les noyaux des cellules sont saillants. Au centre de la cavité alvéolaire on trouve quelques grandes cellules granuleuses libres, en voie d'élimination.

Il est an dernier terme de l'inflammation du parenchyme pulmonaire, qui, rare pour certains auteurs, moins rare pour d’autres, peut se montrer dans le cours de l’impaludisme chronique, mais principalement dans la cachexie. Nous voulons parler dela gangrène pulmonaire.

Toutes les causes sont réunies dans le poumon, pour amener de la gangrène. Indépendamment de la pneumonie dont l'influence a tour à tour été niée (Laënnec, Grisolle) et affirmée (Béhier), les embolies pigmentaires, les infarctus, la sclérose, la dilatation des bronches sont suffisants pour amener ce résultat.

C'est, à notre avis, une affection rare dans la pathologie des fièvres palustres, comme dans la pathologie ordinaire; beaucoup d'auteurs ont cité les gangrènes en général, un certain nombre même ont prononcé le mot de gangrène pulmonaire palustre, mais les observations manquent.

La pathogénie de cette lésion paraît simple, et les

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causes qui peuvent l’engendrer sont assez multiples pour que théoriquement on puisse concevoir son existence : il va de soi, en effet, par exemple, que Pembolie d’une branche de l'artère pulmonaire, déterminée par un dépôt de pigment, amènera la morttication, puis la destruction putrilagineuse du territoire ischémié. De même il semble très facile d'admettre que la sclérose interstitielle, en oblitérant ces mêmes vaisseaux, aura un effet identique. Cependant les faits de gangrène pulmonaire d'origine paludéenne ne sont pas nombreux, malgré ces occasions si propices que la gangrène semble avoir de se produire.

M. Lanceraux en à publié un cas (Archives générales de médecine; mars 1873). Il s'agissait d’un jeune homme de son service âgé de 21 ans, atteintde gangrène pulmonaire suivie de mort par septicémie. Ancien impaludique, il présentait une pneumonie sciéreuse droite avec extrémités bronchiques dilatées. M. Lanceraux s’appuyait d’une part sur les antécédents du malade, et invoquait l'intoxication palustre comme cause générale de la gangrène; d'autre part, comme cause locale, la pneumonie scléreuse avec dilatation des bronches qui est relativement commune à la suite desfièvres intermittentes., De plus, ilattribuait à la dilatation bronchiqueunrôle non moinsimportant, car, disait-il « les bronches dilatécs sont des sortes de récipients où s'accumulent des vibrions et où se produisent des fermentations butyriques ou autres qui, la plupart du temps, donnent lieu à des pneumo-

nies suppurées lobulaires, ou à des gangrènes localisées aux extrémités bronchiques, souvent même suivies d’infarctus purulents ou de gangrènes métastatiques. » On peut donc admettre chez ce malade l'évolution suivante : pneumonie scléreuse avec dilatation hronchique et plus tard gangrène pulmonaire; absorption du produit gangréneux à la suite d'une hémoptysie ; altération du sang et phénomènes septicémiques résultant de cette altération qui 4 fini par amener la mort. « Le poumon droit de ce malade adhérait dans toute son étendue; le lobe inférieur est criblé d’excavations remplies d’une bouillie molle noirâtre et limitées par du tissu scléreux lisse et très résistant. Le parenchyme du lobe inférieur, à sa moitié supérieure, n'est pas détruit par la gangrène; on y remarque un épaississement du tissu conjonctif interlobulaire sous forme de traînées blanchâtres limitant les lobules. » (Voir également obs. IL.)

Pigmentation. — Le pigment contenu dans le sang des sujets impaludiques peut se trouver dans le parenchyme pulmonaire; mais il y est toujours inclus dans les capillaires et n’y existe que d’une facon transitoire, pendant ef peu après les accès de fièvre, 1l siège surtout à la surface du poumon. (Voir notre obs. III). On en rencontre aussi dans la cachexie, mais il s'y trouve toujours eu petite quantité, et disparaît aussitôt que l'organisme commence à l'éliminer de la masse totale du sang. En dehors des embolies qu'il peut produire, le pig-

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ment n’a pas dans le poumon un rôle bien actif, tel qu'il l’a, par exemple, dans le foie et la rate, où nous verrons la pigmentation prendre une importance bien autrement considérable.

B.'— Plèvres.

Nous n’avons vu aucun cas cité de pleurésie d’origine palustre. Cependant, chez les anciens impaludiques dont nous avons eu l’occasion de faire l’autopsie, il était rare que nous ne trouvions pas d’un côté ou des deux côtés même, des adhérences pleurales anciennes, signes d’une inflammation antérieure, Avons-nous eu affaire à une simple coïncidence? Y a-t-il une relation? Nous n’oserions être affirmatif sur ce point. Cependant, étant donnée la stase constante qui se fait à la surface du poumon pendant l'accès de fièvre, il n’est pas impossible que la plèvre elle-même prenne part au processus inflammatoire quand la congestion pulmonaire dépasse un certain degré,

Dans nos observations VIT, VIIL, IX, X, nous avons justement trouvé à l’autopsie de ces adhérences anciennes ; chez un des sujets, il y avait même un épanchement assez abondant.

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